Mes poussières d’Egypte…
Me voila depuis une semaine en Egypte. Le hasard tout
simplement. Une recherche large pour un poste a faible qualification et voila
le résultat. Une semaine a peine pour dire au revoir et faire ma valise.
Nabil m’a répondu rapidement pour m’offrir un poste de
Divemaster dans le centre « South Red Sea Divers » dont il est le
manager. Le poste a plusieurs avantages pour moi :
Déjà il a le mérite d’exister… on ne peux pas vraiment dire
que je croulais sous les offres…
Ensuite j’avais envie de changer un peu de cap et même si je
continue à aller vers l’Est, je change pour le coup complètement de décors. Ici
c’est d’un coté le désert, de l’autre la mer.
Il y a aussi le coté pratique de la destination. Seulement
quatre heures d’avion. Pas de décalage horaire. Et d’un coup beaucoup plus
accessible que l’Asie pour qui aurait des envies de venir me rendre visite.
Pour finir cette liste non exhaustive, les conditions d’embauche
étaient de loin plus attrayantes que celles que j’avais acceptées jusqu’ici. Je
suis payé pour de vrai, défrayé pour mon logement, et nourri le midi.
J’ai donc accepté et c’est ainsi qu’il m’a fallu boucler mes
affaires courantes en peu de temps. Merci a ceux qui fermeront les portes
laissées ouvertes dans la précipitation.
L’avion le moins cher me dépose sous un soleil de plomb à
11h du matin à une centaine de kilomètres de ma destination. Une fois les
formalités de douanes effectuées et mes
bagages récupérées, je trouve un homme tenant une feuille sur laquelle on peut
lire « Mathieu Bich - srs dive center » a la sortie de l’aérogare. Un
taxi organisé par Nabil. L’homme ne parle pas un mot d’autre chose que d’Egyptien
(une des nombreuses variantes de l’arabe). Nous effectuerons donc presque tout
le voyage sans un mot, mais cependant pas dans le silence : mon conducteur
décide de mettre du hiphop américain à fond pendant notre traversée du désert. Plutôt
marrant et je suis d’humeur a tout aimer. J’ai envie de tout découvrir. Il y a longtemps
que je ne me suis senti autant étranger dans mes voyages. A force, je m’étais
habitué, fait aux usages et aux coutumes des pays asiatiques. Ici rien de ce
que j’avais appris la bas n’a de sens et je le lis largement dans les yeux de
mes interlocuteurs quand par reflexe je remercie les gens en m’inclinant en
posant mes mains l’une contre l’autre…
Je débarque dans une ville sur la cote que nous avons longée
pendant une heure et demie. El Quseir.
On me propose de loger avec l’une des instructrices du
centre. La seule européenne. J’accepte donc d’emménager avec Margareth, 62 ans,
anglaise et plutôt très facile à vivre jusqu’ici.
Dans la foulée je prends un taxi pour aller au centre de
plongée et rencontrer Nabil. Je découvre alors, un peu surpris, que le dît
centre se situe a une demie heure de voiture de la ville. Le taxi pénètre après
plusieurs barrages de sécurité dans un complexe hôtelier qui semble être tombé
du ciel au milieu de nulle part…
A l’extrémité nord de la plage de l’hôtel (il faut vous
figurer la cote égyptienne de la mer rouge comme une seule plage ininterrompue
sur des milliers de kilomètres, aidez vous de Google earth si vous ne
visualisez pas…), se situe le charmant club de plongée que je retrouve désormais
tous les matins. Et Nabil m’y accueille. Briefing complet du comment, quand et
qui fait quoi. Je rentre ensuite chez moi pour dormir. Ma journée qui avait débutée
à 3h du matin se termine suffisamment tôt pour que je puisse me reposer avant
de commencer à travailler dés le lendemain.
Je suis prêt.
Prêt à travailler comme j’en avais l’habitude. Mais dans ce
club tout est différent.
Les journées sont nettement moins chargées qu’a mon
habitude. Il y a du staff pour tout et même des gens dont je cherche encore le rôle…
Je dois pour ma part rester bien cantonné dans le rôle qu’on m’a donné :
je guide les gens qui veulent l’être, je fais les plongées de vérifications de
niveau, les remises à niveau et les baptêmes. Pas questions de vouloir porter
ou ranger l’équipement par exemple… il a même fallu que j’insiste pour pouvoir
m’occuper de porter le mien.
Nos clients son principalement français
et allemands et viennent ici pour plonger en autonomie (sans moi pour être plus
clair). Je n’ai donc pas énormément de plongeurs. Mais de toute façon je
plafonne déjà à mon maximum puisque tout s’organise autour de deux créneaux
horaires : 9h du matin, première plongée ; et 14h, deuxième plongée.
Entre 12h et 14h le centre ferme et le staff dort.
Le bus qui ramène tout le staff en
ville part à 17h30, donc le centre ferme à 17h.
Grosso modo et a part exceptions,
je travaille relativement peu et je plonge deux fois par jour. Bien que déroutant
et a mon avis peu viable au niveau rentabilité, ce système est plutôt
confortable pour moi. Je commence à m’y faire et si je n’arrive pas encore à me
résoudre à dormir au travail … je m’organise des activités pour la longue pause
de 11h a 14h. Au choix : lecture dans mon hamac, entrainement aux Poï
(aussi appelées Bolas, sorte de jeu de jonglage avec des boules attachées a une
ficelle), un peu de sport, ballade sur la plage, prendre un peu le soleil, boire
beaucoup d’eau.
Mes soirées aussi s’organisent
doucement… la vie musulmane n’offrant pas une vie nocturne tres débridées, je tends
à rester à la maison, regarder des séries avant de sombrer à 22h. N’oublions
pas que mon réveil sonne tout de même à 6h15 tous les matins.
Voila, une petite routine semble être
installée après une semaine à peine. Agréable. Mais un peu préoccupante tout de
même. J’ai peur de me lasser tres vite de cet endroit qui offre à première vue si
peu de perspectives. A voir… et à suivre.
A bientôt.