mardi 6 septembre 2011


Mes poussières d’Egypte…

Me voila depuis une semaine en Egypte. Le hasard tout simplement. Une recherche large pour un poste a faible qualification et voila le résultat. Une semaine a peine pour dire au revoir et faire ma valise.

Nabil m’a répondu rapidement pour m’offrir un poste de Divemaster dans le centre « South Red Sea Divers » dont il est le manager. Le poste a plusieurs avantages pour moi :

Déjà il a le mérite d’exister… on ne peux pas vraiment dire que je croulais sous les offres…

Ensuite j’avais envie de changer un peu de cap et même si je continue à aller vers l’Est, je change pour le coup complètement de décors. Ici c’est d’un coté le désert, de l’autre la mer.

Il y a aussi le coté pratique de la destination. Seulement quatre heures d’avion. Pas de décalage horaire. Et d’un coup beaucoup plus accessible que l’Asie pour qui aurait des envies de venir me rendre visite.

Pour finir cette liste non exhaustive, les conditions d’embauche étaient de loin plus attrayantes que celles que j’avais acceptées jusqu’ici. Je suis payé pour de vrai, défrayé pour mon logement, et nourri le midi.

J’ai donc accepté et c’est ainsi qu’il m’a fallu boucler mes affaires courantes en peu de temps. Merci a ceux qui fermeront les portes laissées ouvertes dans la précipitation.



L’avion le moins cher me dépose sous un soleil de plomb à 11h du matin à une centaine de kilomètres de ma destination. Une fois les formalités de douanes effectuées  et mes bagages récupérées, je trouve un homme tenant une feuille sur laquelle on peut lire « Mathieu Bich - srs dive center » a la sortie de l’aérogare. Un taxi organisé par Nabil. L’homme ne parle pas un mot d’autre chose que d’Egyptien (une des nombreuses variantes de l’arabe). Nous effectuerons donc presque tout le voyage sans un mot, mais cependant pas dans le silence : mon conducteur décide de mettre du hiphop américain à fond pendant notre traversée du désert. Plutôt marrant et je suis d’humeur a tout aimer. J’ai envie de tout découvrir. Il y a longtemps que je ne me suis senti autant étranger dans mes voyages. A force, je m’étais habitué, fait aux usages et aux coutumes des pays asiatiques. Ici rien de ce que j’avais appris la bas n’a de sens et je le lis largement dans les yeux de mes interlocuteurs quand par reflexe je remercie les gens en m’inclinant en posant mes mains l’une contre l’autre…

Je débarque dans une ville sur la cote que nous avons longée pendant une heure et demie. El Quseir.

On me propose de loger avec l’une des instructrices du centre. La seule européenne. J’accepte donc d’emménager avec Margareth, 62 ans, anglaise et plutôt très facile à vivre jusqu’ici.

Dans la foulée je prends un taxi pour aller au centre de plongée et rencontrer Nabil. Je découvre alors, un peu surpris, que le dît centre se situe a une demie heure de voiture de la ville. Le taxi pénètre après plusieurs barrages de sécurité dans un complexe hôtelier qui semble être tombé du ciel au milieu de nulle part…

A l’extrémité nord de la plage de l’hôtel (il faut vous figurer la cote égyptienne de la mer rouge comme une seule plage ininterrompue sur des milliers de kilomètres, aidez vous de Google earth si vous ne visualisez pas…), se situe le charmant club de plongée que je retrouve désormais tous les matins. Et Nabil m’y accueille. Briefing complet du comment, quand et qui fait quoi. Je rentre ensuite chez moi pour dormir. Ma journée qui avait débutée à 3h du matin se termine suffisamment tôt pour que je puisse me reposer avant de commencer à travailler dés le lendemain.

Je suis prêt.

Prêt à travailler comme j’en avais l’habitude. Mais dans ce club tout est différent.

Les journées sont nettement moins chargées qu’a mon habitude. Il y a du staff pour tout et même des gens dont je cherche encore le rôle… Je dois pour ma part rester bien cantonné dans le rôle qu’on m’a donné : je guide les gens qui veulent l’être, je fais les plongées de vérifications de niveau, les remises à niveau et les baptêmes. Pas questions de vouloir porter ou ranger l’équipement par exemple… il a même fallu que j’insiste pour pouvoir m’occuper de porter le mien.

Nos clients son principalement français et allemands et viennent ici pour plonger en autonomie (sans moi pour être plus clair). Je n’ai donc pas énormément de plongeurs. Mais de toute façon je plafonne déjà à mon maximum puisque tout s’organise autour de deux créneaux horaires : 9h du matin, première plongée ; et 14h, deuxième plongée. Entre 12h et 14h le centre ferme et le staff dort.

Le bus qui ramène tout le staff en ville part à 17h30, donc le centre ferme à 17h.

Grosso modo et a part exceptions, je travaille relativement peu et je plonge deux fois par jour. Bien que déroutant et a mon avis peu viable au niveau rentabilité, ce système est plutôt confortable pour moi. Je commence à m’y faire et si je n’arrive pas encore à me résoudre à dormir au travail … je m’organise des activités pour la longue pause de 11h a 14h. Au choix : lecture dans mon hamac, entrainement aux Poï (aussi appelées Bolas, sorte de jeu de jonglage avec des boules attachées a une ficelle), un peu de sport, ballade sur la plage, prendre un peu le soleil, boire beaucoup d’eau.

Mes soirées aussi s’organisent doucement… la vie musulmane n’offrant pas une vie nocturne tres débridées, je tends à rester à la maison, regarder des séries avant de sombrer à 22h. N’oublions pas que mon réveil sonne tout de même à 6h15 tous les matins.



Voila, une petite routine semble être installée après une semaine à peine. Agréable. Mais un peu préoccupante tout de même. J’ai peur de me lasser tres vite de cet endroit qui offre à première vue si peu de perspectives. A voir… et à suivre.

A bientôt.


jeudi 7 avril 2011

jeudi 7 avril 2011 Alors que j’émerge doucement de ma longue nuit, que le soleil se dresse tranquillement sur le lagon, et que je marche sur la plage vers le centre de plongée… je remarque une étrange trainée sur le sable. Comme si quelqu’un avait trainé un gros objet de la mer jusqu’au pied des cocotiers. Au bout de la trainée je distingue des jets de sables. En m’approchant je peux maintenant entendre un souffle, comme une difficile respiration. Puis, d’un peu plus prés, j’aperçois une grosse carapace sombre derriere un tas de sable... Je me tiens a présent a quelques enjambées d’une grosse tortue verte en train de pondre ses œufs. J’observe. Elle semble fournir des efforts herculéens pour accomplir sa tache. Hors de son élément, elle se débat dans le sable et son énorme carapace ne fait rien pour l’aider. Elle est complètement vulnérable. Incapable de fuir si quelqu’un décidait de l’attaquer. Tout ca pour accomplir ce que son instinct le plus profond lui dicte : Pondre sur cette plage. Et pas ailleurs. Cette tortue a probablement plus de cinquante ans à en juger par sa taille. Elle-même est sans doute née sur cette plage… quand l’homme n’y était que très peu présent. Aujourd’hui les bungalows couvrent quasiment toute la plage. Que ce soit à trois heures du matin ou a sept, il y a presque toujours quelqu’un qui sera témoin de son effort intime. Mais l’instinct semble forger une détermination inaltérable qui la pousse coute que coute à pondre ici. Pourtant d’autres plages de l’ile, moins fréquentées, donneraient plus d’espérance de vie à ses œufs. J’espère d’ailleurs que vous ne vous êtes pas déjà trop attachés a cette progéniture en devenir… Car dans quelques minutes, quand elle aura terminé sa tache et s’en retournera vers la mer, les locaux vont s’empresser de déterrer la soixantaine d’œufs pondus pour les manger et les vendre. C’est moche. Enfin moi ca me casse un peu le moral dés le matin. Tant d’effort pour rien. Et ces locaux qui sont incapables de voir que ce sont les tortues qui font venir les touristes… Nous sommes pourtant dans un parc maritime protégé mais le fait que l’opération soit totalement illégale ne les gène en rien. Encore une fois l’homme dans sa grande imbécilité à petite comme a grande échelle ne me donne pas beaucoup d’espoir quand a sa capacité à sauver ce qu’il reste à sauver sur notre (ex) belle planète. Du coté de ma petite vie insignifiante, les choses se passent de mieux en mieux. Le beau temps semble décidé à s’installer pour la saison et la mer est presque calme. Les plongées sont assez exceptionnelles et les clients commencent à affluer. Malgré tout je songe toujours beaucoup à rentrer. J’ai encore deux trois choses à régler avant de me décider pour de bon. Aujourd’hui je suis de « garde » dans le nouveau centre que nous ouvrons a l’autre bout de la plage (celui la même ou nous travaillions l’année passée avec Charlotte). Mon rôle consiste principalement à faire un peu de ménage, et à vendre des cours aux passants. Pas de plongée aujourd’hui. Je vais en profiter pour bronzer un peu ! A bientôt.

vendredi 1 avril 2011

vendredi 1er avril 2011 Premier avril. Mais pas de poisson… la mer est encore trop agitée pour que les bateaux partent sur les sites de plongée. Alors une fois de plus nous allons rester toute la journée au shop à attendre que le soleil se couche. Lassés de jouer aux cartes, chacun fini dans son coin, à surfer sur internet, lire un livre, ou simplement regarder la mer. Je ne peux m’empêcher de penser que je serais mieux chez moi à attendre que ma chérie rentre de son travail. Cuisiner un petit diner simple que nous partagerions devant une émission plus ou moins débile. Mais bon je suis ici et je m’ennuie. Hier j’ai cherché le prix d’un billet retour vers Paris. J’en ai trouvé des pas trop chers : 300€. 300 euros et dans trente heures je serais chez moi. Cette pensée a de quoi me faire réfléchir. J’essaye pourtant de l’enfouir au fond de ma tête et de tout faire pour tenir encore un peu. Je veux attendre de voir si ce sentiment perdurera quand le soleil et les clients seront de retour. Je sais que Charlotte me manquera toujours. Rien ne changera de ce coté là mais le plan est que je me trouve tellement fatigué et accaparé par le travail que le temps disponible pour me lamenter sur mon sort soit réduit a une ou deux heures par jour. Je me donne une à deux semaines. Si le temps ne s’arrange pas ou si le travail n’arrive pas à me changer les idées alors je quitterai la Malaisie pour retrouver le Printemps de Paris. Autre bonne nouvelle : j’ai passé une bonne partie de la nuit sur le sol de ma salle de bain, oscillant entre sommeil et pulsions de vomi. Je vous passe les détails, disons juste que le curry de poulet n’était déjà pas extra a manger … donc bien pire à vomir. Ce qui me rappelle une réflexion métaphysique que je me suis faite cette nuit entre deux nausées… : il est vraiment surprenant de constater le taux de dilatation des aliments dans mon estomac. Alors même que je n’avais ingéré qu’un seul bol de curry, j’aurais pu en remplir au moins sept ou huit à la force de mes régurgitations bruyantes. Je vous laisse à vos propres souvenirs d’expériences similaires passées pour tirer vos conclusions. Mais je trouvais que ce phénomène étrange se devait d’être mentionné. Le résultat de cette nuit difficile est une journée encore plus difficile. Il est fort possible que je quitte le magasin dans très peu de temps pour rejoindre le sol de ma salle de bain. Devant tant de déconvenues j’ai décidé de me reprendre en main et de profiter des ces temps morts pour me remettre en forme : demain matin si mon ventre le permet, j’irai courir. Deux allers-retours sur la longue plage puis quelques pompes et abdos et rebelote. Les temps mort de l’après midi seront consacrés quand a eux au peaufinage de mon bronzage. A bientôt.

samedi 26 mars 2011

dimanche 27 mars 2011 Apres une longue nuit d’un sommeil bien réparateur, je commence une nouvelle journée. Pas de pluie quand je sors de mon bungalow à 7h du matin… c’est déjà une bonne nouvelle. Je marche ensuite le long de « Long Beach » qui porte bien son nom puisqu’il me faut bien dix minutes pour rejoindre le centre de plongée. Sur le chemin je croise des bars déserts, ou les reste d’une soirée arrosée gisent encore partout au sol. Cela inclut deux ou trois corps inertes, des canettes de bières en pagaille, quelques vomis absorbés par le sable, et de nombreuses paires de tongs oubliés … La fête. C’est le coté de la vie sur une ile que je vois le moins. Mon réveil sonnant invariablement a 6h45, je suis en général couché vers 23h. La météo est assez étrange en ce moment. On passe souvent d’une pluie diluvienne agrémentée d’une mer très agitée, a un grand soleil qui transperce l’eau a présent turquoise de la baie. Une heure plus tard c’est de nouveau la tempête. Vivement la fin « définitive » de la mousson. J’ai quand même réussi à prendre des couleurs hier. A partir de demain et pour quelques jours, je vais partager mon bungalow avec un alcoolique que j'ai rencontré quand j’étais barman chez mon frère aux Philippines. J’ai hâte. Je sens que mes réveils vont être difficiles pendant son séjour ici. Changement de routine… Autre événement : mon patron s’est fait largué et on a du coup un patron triste et une instructrice en moins. L’ambiance s’en ressent un peu mais pas trop… on recrute si ca intéresse quelqu’un. Pour le poste d’instructeur hein… pour le reste le boss va devoir se débrouiller. Voila pour les informations principales de cette bulle du dimanche. A bientôt.

mercredi 23 mars 2011

mercredi 23 mars 2011
Fin d’une longue journée…
Il est 19h et j’attends à la terrasse d’un restaurant. Dans un petit moment les serveurs vont m’apporter mon plat dans un sac en plastique que je vais pouvoir rapporter dans mon petit chez moi.
Hier soir c’était l’anniversaire d’un DiveMaster du shop, du coup je me suis couché a 1h30. Et ce matin comme tous les jours depuis mon arrivée il fallait que je me réveille à 6h45. Arrivé au magasin a 7h30, rapide petit déjeuner et je prends connaissance du programme de la journée. Ma matinée sera consacrée à un cours pour des plongeurs qui n’ont pas plongé depuis longtemps et qui doivent passer un cours de remise à niveau. Ca me change des « Fun dives », je retrouve (doucement) les automatismes de démonstration que nous avons tant répétés l’année dernière. Les gestes ne sont pas aussi précis qu’il y un an mais ca devrait aller en s’améliorant. Ce genre de cours est un sacré bonus pour mon maigre salaire.
Ensuite je suis allé plonger sur une épave dans des conditions assez peu sympathiques et plutôt stressante pour les clients. Mais au final tout s’est bien passé.
La journée se termine doucement au magasin ou l’on range tout le matériel afin que tout soit en ordre pour recommencer le même petit manège demain. Et ainsi de suite.
Ma routine prend forme. Et je supporte de mieux en mieux de commencer mes journées aux aurores. Mon corps aussi commence a mieux encaisser les nombreux et nouveaux mouvements qui je lui inflige depuis dix jours. Tout ca se met en place.
La météo de son coté semble plus clémente que celle que nous avions l’année dernière a la même période. Même si le soleil ne brille pas tous les jours et si des murs des pluies continuent de s’abattre sur nos tète de temps en temps, nous ne subissons pas cette année les gros cyclones qui nous cassaient le moral quand nous devions nous cacher du vent et de la pluie au fond du magasin.
La mer est calme, plate, pas de noyé cette année. Pas une touriste en détresse à aller repêcher au milieu des vagues. Mes talents de sauveteur sont donc restés rangés au fond de mon sac. Et tant mieux.
Mon diner est servi. Petits beignets de légumes frits : « Noname » et un riz rose au poulet.
A bientôt.

vendredi 18 mars 2011

Vendredi 18 mars 2011
Une bulle minuscule, quasi invisible s’échappe de mon esprit … pour atterrir sans un bruit au dessus des précédentes qui la regardent comme une étrangère. Une bulle toute neuve qui se place en haut de la mousse alors qu’on en attendait plus …
Et pourtant la voici.
Né comme la grande majorité des autres sur la terrasse d’un bungalow en Malaisie. A la faveur d’une douce soirée baignée des dernières lueurs d’un soleil qui sera couché quand cette bulle sera terminée.
Le vent venant de la mer se lève et rafraichi ma peau un peu rougie par cette première journée de soleil. Car oui tout n’a pas été aussi idyllique que cette entrée en matière pourrait le faire penser.
Mon arrivée fut même des plus chaotiques. Un voyage interminable qui me vit encore utiliser un nombre impressionnant de moyen de transport : métro Parisien, RER, A380, métro Singapourien, Nike air, Bus, Taxi, et pour finir, Bateau.
Le commandant de bord avait beau avoir annoncé un temps couvert, j’étais loin de réaliser les trombes d’eau que j’aller en réalité recevoir sur le crane.
C’est donc dans une ambiance plutôt morne, grise et extrêmement humide (euphémisme d’ampleur…) que j’arrivai sur la petite ile des Perhentians que je connais déjà comme ma poche (pour y avoir déjà passé plus de quatre mois).
Si l’on ajoute à cela que mon ancien « proprio » refusa de me relouer le même bungalow que l’année précédente pour cause de surpopulation de résident « long séjour » dans son hôtel… Et (thème qui risque d’être récurrent…) qu’en plus que je suis SEUL, amputé de ma fidele, charmante, et en un mot Idéale, coéquipière Charlotte (pour raisons « professionnelles ») ; on peut dire sans en faire trop que j’étais a deux doigts de repartir sur le champ. Mon besoin urgent de sommeil me retint finalement dans une chambre choisie uniquement pour son prix et la promesse d’un lit à moins de quinze mettre de marche sous la pluie. Le reste attendra le lendemain.
Le lendemain. Un mur d’eau m’empêche purement et simplement de sortir de la dite chambre. Au bout de vingt minutes d’un long blocage digne d’un Rain man a qui il manquerait une allumette, je me décide à subir la pluie ET PUIS MERDE JE SERAI TREMPé MON SAC ET MES AFFAIRES AUSSI ET PUIS VOILA… d’un pas décidé donc.
Et c’est dans ainsi que tel Moise ouvrant la mer rouge (a-t-il finit trempé aussi ?) je bravai les éléments déchainés pour dégotter ma futur maison. A quinze mettre de la plage, en face du soleil levant, une chambre, une petite salle d’eau, et un balcon. Quand j’arrive il me faut d’abord convaincre le gérant de bien vouloir me louer ce bungalow pour un long séjour. Il accepte mais précise que rien n’a été préparé ni réparer depuis l’année dernière. La mousson a effectivement laissé des traces. Les fourmis termites araignée moustique et geckos ont pris entière possession de l’endroit. On dirait un repère de toxico des tropiques. Le matelas est noir de moisi.
Je pose mon sac et le gérant me dit qu’il va préparer un peu la chambre pour que je puisse y dormir le soir.
Ok. Vous devez vous dire que c’était un choix par dépit mais tout au contraire : le prix est très intéressant et j'y ai tout de suite vu un potentiel énorme.
Mais ce potentiel devra attendre. Pour le moment je dois aller me présenter au Dive Shop dans lequel je vais travailler pendant les prochains jours, mois ... ?
Retrouvaille, anecdotes, expériences partagée et mise au point sur les conditions actuelles remplissent ainsi le reste de la journée.
Je retrouve plus tard pour diner des français que l’on avait rencontrés ici l’année dernière et qui reviennent pour une nouvelle saison. Et puis tres tôt je me sens extrêmement fatigué.
Je rejoins mon palace et réalise en y entrant qu’il va me falloir sortir mon briquet et mes bougies (bah oui j’ai toujours des bougies sur moi B.A.BA du voyageur en Asie). En effet le gérant m’a prévu une soirée romantique surprise (mais toujours en solitaire) en oubliant d’alimenter mon bungalow en électricité. Pas grave, ca m’empêche de trop voir la poussière et les insectes qui grouillent autour du lit. Je m’écrase de sommeil sur un matelas qui sent fort le renfermé.
Et puis voila nous sommes déjà ce matin. Troisième jour. Je profite de ma pause midi pour briquet mon chez moi. Fini les toiles d’araignée. Les moustiques sont chassés à coup de tortillons fumigènes. Les geckos sont encouragés à faire un gros travaille de désinsectisation. La poussière est repoussée dehors. Les étagères se remplissent de mes livres. La salle de bain revit avec mes tubes et mes pots de crème colorés.
Je trouve une large natte sur la plage qui me fait un excellent tapis qui habille la pièce à merveille. Je remplace l’immonde moustiquaire trouée par ma belle moustiquaire qui rayonne presque de blancheur au milieu de la (moins en moins) sombre pièce.
Et puis ce suffit pour aujourd’hui. Je retourne au travail pour passer une belle après midi à chasser le client et a aller nager dans les vagues avec les « collègues » dont je vous parlerai sans doute dans une prochaine bulle.
Comme prévu il fait nuit. C’est l’heure d’aller diner.
A bientôt.

jeudi 9 septembre 2010

jeudi 9 septembre 2010
Oudelalli… !
Je me lève doucement ce matin encore, et après une douche bien fraiche pour effacer les traces d’une nuit légèrement trop chaude, j’enfourche ma mobylette. Un petit sentier de foret. Un bout de plage. La rue principale d’El Nido. Et voila je me gare devant La Salangane. Je traverse le petit jardin tropical et me retrouve comme tous les matins depuis presque deux semaines dans le restaurant de Thom, Laëtitia (frère et belle-sœur), et associés (Yann et Fred).
Face a moi : la Mer. La teinte turquoise de la baie en croissant de lune change tous les jours en fonction de l’humeur de la météo, des marées, ou que sais-je encore. Au fond, comme pour casser, la monotonie d’un horizon trop plat, se dressent les falaises karstiques des spectaculaires îles environnantes.
Et j’allais presque oublier : au premier plan, les nombreuses petites Bancas (embarcations de pécheurs typiques des Philippines) qui livrent en continu sur la plage leur pêche de la journée ou de la nuit. Thons, langoustes, calamars, dorades et autres poissons en tous genres… à vendre rapidement au plus offrant ou qui finira directement a la coopérative pour être vendu à Manille.

La journée commence délicieusement devant ce tableau vivant, un café posé devant moi.

Ensuite c’est la routine du restaurant qui s’installe : livraisons, stock, accueil, services, petits travaux et ajustements de début d’activité. Le tout dans une ambiance (le plus souvent) très détendue où les bières jouent un rôle fédérateur important !

Dès que l’occasion se présente (en gros quand il n’y a pas grand-chose à faire) j’attrape des palmes, mon masque, emprunte le harpon de Thom, et file jusqu'au bord du lagon pour tenter d’embrocher un poisson dans l’espoir de le faire griller fièrement sur le barbecue … jusqu’ici les poissons se portent bien. Aucune victime. J’en vois déjà qui se moque mais c’est super rapide un poisson, venez et essayez par vous-même !

A partir de demain nous allons pouvoir quitter un peu le restaurant pour vadrouiller autour de notre petit village. Les associés (Yann et Fred) sont de retour et tout le monde va pouvoir profiter de notre nombre pour se libérer un peu des astreintes du restaurant. Bientôt donc, les longues plages du nord, les ballades dans la forêt vers les points de vue qui surplombent la baie,… mais surtout… bientôt… la Plongée !!! Et il est vraiment temps, mon corps réclame sa dose d’azote quotidienne !

La saison des pluies est bientôt terminée (même si jusqu’ici il n’a jamais fait vraiment moche plus de quelques heures d’affilées…) et la haute saison démarre mi-octobre. Nous sommes prêts !

Et vous ? Vous attendez quoi pour venir ? Pour rappel, le RER B va jusqu'à Roissy, et 18 heures plus tard vous pouvez être sur la même terrasse que moi, un café, une bière ou un cocktail a la main a apprécier la vue que je vous ai détaillée plus haut… pas si compliqué finalement.

A bientôt.

mercredi 1 septembre 2010

mercredi 1er septembre 2010

Non je ne vous ai pas oubliés…
Voici un résumé de la semaine que nous venons de passer :
De Bornéo je n’ai rien de particulièrement excitant à rapporter. Après l’île décrite dans la précédente bulle, nous sommes retournés dans la capitale de la province de Sabah pour y attendre sagement notre avion. Enfin disons presque sagement puisque j’y ai tout de même fais une petite folie : je me suis offert un nouvel appareil photo numérique (APN pour les initiés…). Mais ce n’est évidemment pas tout sinon cette anecdote serait vraiment plate… J’ai également trouvé - et c’est surtout pour cela que j’ai craqué car cela faisait quelques mois que je le cherchais – un caisson qui me permettra très bientôt de vous faire partager mes aventure sous marines par le biais de belles photos que j’aurais prises moi-même ! Je comprends bien que ne vous passionne que très peu mais je me devais de partager mon excitation puérile. Voila qui est fait et qui met de belle manière un point finale a notre brève histoire à Bornéo.
Le lendemain nous sommes à Manille. Comme pour chaque nouveau pays, nous devons nous ré acclimater et :
- Trouver une chambre
- réapprendre le vocabulaire de base (bonjour, merci, au revoir, et bien sûr le plus utile : « appareil photo numérique avec caisson sous-marin »…)
- changer rapidement de l’argent pour survivre
- acheter une nouvelle carte Sim pour notre téléphone
- organiser la suite

La suite est plutôt simple. Nous devons trouver un billet d’avion de Manille vers Palawan puis, de là, nous débrouiller pour rejoindre El Nido au nord de l’île.
Le billet d’avion est trouvé sans souci (pour une quarantaine d’euros chacun) et nous arrivons le soir a Puerto Princessa où nous devons passer la nuit car les bus pour El Nido ne partent que le matin. Mon frère commence alors à nous piloter à distance. Il nous oriente vers un hôtel sympa et prend sur lui de réserver pour nous deux place dans un van vers son paradis le lendemain.
Une très bonne nuit et cinq heures de van plus tard nous arrivons au dît paradis.
Ma première réflexion est sans doute la suivante : mon frère vend très mal cet endroit, c’est beaucoup plus beau que ce que j’imaginais.
L’endroit est magnifique. On pourrait se croire dans la baie d’Along. L’eau y est turquoise. Le village charmant est entouré de falaises karstiques abruptes qui rendent l’endroit un peu secret. Une petite enclave de tranquillité…
Mon frère est installé là, avec sa famille. Mon petit neveu a beaucoup changé en deux mois et nous sommes ravis de le revoir, de la porter et même de lui donner le biberon !
Il nous propose de loger dans une des chambre de son hôtel en échange d’un coup de main au restaurant… nous acceptons évidemment.
Et voilà donc bientôt une semaine que nous vivons au rythme du restaurant, planté face à la mer sur la splendide plage d’El Nido.
Et puis c’est tout pour aujourd’hui … j’ai beaucoup trop bu hier pour écrire plus longtemps mais je vous promets de revenir vous faire la description détaillée de notre idylle au Philippines.

A bientôt.

jeudi 26 août 2010

vendredi 27 août 2010

Grève de Bulle...
Aucun commentaire sur mes deux derniers longs et passionnants messages.

JE BOUDE.

A bientôt.

samedi 21 août 2010

samedi 21 août 2010
La capitale de la province de Sabah s’étant avérée extrêmement pluvieuse… nous sommes partis chercher le soleil à l’Est. Comme c’est de la qu’on le voit arriver tous les matins on s’est dit que c’était une bonne piste.
Un peu au hasard et après avoir éliminé toutes les nombreuses destinations touristiques beaucoup trop chères pour nous, nous avons posé le doigt sur une carte. Sous notre doigt, la plus grosse île de Malaisie : Banggi. Ce qui est frappant c’est que personne ici ne parle de cette île. Et quand nous avons demandé aux gens comment nous y rendre, nous avons eu droit a des réponses du genre : « i don’t know what you want to do in Banggi… » accompagnées de regards septiques.
Tout cela ne fit que nous encourager. Enfin l’occasion de sortir des chemins touristiques balisés !
Le pire c’est qu’il est vraiment facile de se rendre a Banggi : trois heures de bus puis une heure de ferry et voila vous y êtes.
Malgré sa taille, l’île est très peu habitée et un seul hôtel nous attend quand nous débarquons. Nous arrivons à négocier un petit prix pour une chambre simple et propre, équipée d’un ventilateur et dotée d’une salle d’eau. Parfait.
Nous avons le sentiment d’être les seuls touristes sur l’île. Aucun agent pour nous vendre des activités, aucun bar, aucun studio de tatouage, ni aucun salon de massage… rien. Uniquement des gens qui vivent paisiblement leur vie insulaire.
Sur le ferry nous avons rencontré un malais qui travaille pour une fondation qui œuvre en faveur des villages pauvres de Banggi. Il se rend sur l’île pour une cérémonie dans un village qui réunit plusieurs « VIP » pour promouvoir leur action locale autour d’un repas qui viendra casser Le Ramadan à 18h26 précise. L’homme est très sympathique et nous propose de l’accompagner à la petite fête…
Nous acceptons avec plaisir évidemment.

Le soir venu, Charlotte enfile son nikab des grands jours et moi mon pyjama de fête… ou pas. Mais nous faisons quand même de notre mieux pour être présentables sans manquer de respect à cette communauté de musulmans pratiquants.
Nous arrivons à la fête avec les VIPs et sommes traités comme tels. C’est assez embarrassant au début… nous avons du mal à savoir ce que nous faisons là mais nous accrochons un sourire sur nos visages (si si je peux faire ça si il le faut vraiment…) et peu à peu nous nous décrispons.
Après les discours des différents hommes politiques locaux, et les différents dons a la communauté (de l’argent à certaines familles, un générateur pour la mosquée, un exemplaire du coran dédicacé par Moïse* pour l’imam, et des tapis de prière en fibre de lamas**), il est enfin l’heure de manger !
Ca tombe bien nous mourrons de faim car a l’instar des autres participants au repas nous n’avons pas mangé depuis le matin !
Nous nous régalons mais soudain et au bout de cinq petites minutes de festin seulement, tous se lèvent et désertent la salle pour aller prier à la mosquée.
Ne restent donc plus que nous, les plats encore bien garnis, et les enfants. Ces derniers sont d’abord très timides puis très curieux de nous. Chacun veut sa place autour de nous, tous sont habillés en costumes de fête, et tous tentent de pratiquer leur maigre anglais. C’est un moment d’échange simple où se mêlent incompréhensions délicieuse et rires d’enfants qui semblent ne jamais vouloir s’arrêter.
Les hommes finissent par revenir de la prière (après au moins deux heures) avec un air tout a fait détendu qui me fais développer une certaine théorie quand a la teneur des dîtes prières… A mon avis une fois les portes fermés c’est l’orgie de bibine locale et de karaoké. Mais cela n'engage que moi.
Nous rentrons à l’hôtel content d’avoir vécu cette immersion dans la vie festive de ce petit village et nous nous endormons en savourant de n’avoir rien eu a payé pour le faire. Attention, ce n’est pas tellement une question d’argent, c’est surtout que dés lors que l’on paye pour aller dans un village « typique » cela perd pour moi toute saveur… mais il est vrai que parfois et a défaut de rencontres, il est intéressant de le faire. Si vous ne me suivez plus ce n’est pas grave, moi je vois très bien ce que je veux dire.

Cette île commence doucement à nous livrer son secret et nous comprenons petit a petit pourquoi personne n’en parle : en gros le gouvernement pilote ici un vaste programme de développement a grande échelle. Education, logement, routes, électricité et accès à l’eau, sont en « cours » de mise en place pour permettre, a terme, de développer le tourisme de masse que nous aimons tant.
Faut imaginer ça comme les « Sims en Malaisie »…

Aujourd’hui nous avons traversée le bras de mer qui sépare Banggi d’une toute petite île qui fait face a notre hôtel, et après une grosse demi-heure de nage angoissée par la possible présence de requins marteaux…. (Nan mais vraiment, c’est angoissant !) nous sommes arrivés sur une plage magnifique et totalement isolée. Le pied. J’y ai évidemment construit une cabane afin de marquer ici aussi la supériorité de l’homme sur la nature.
Nous avons eu tout le loisir de nager autour. Et là c’est plutôt la consternation… nous découvrons des fonds saccagés. La pêche a la dynamite est ici monnaie courante et ça se voit. Il y a aussi le corail qui blanchi partout a cause de la montée des températures (l’eau est au moins a 32° !)…
Et surtout, mais nous avions fait ce constat dès notre arrivée, les rivages sont recouverts d’immondices. Des bouteilles par milliers, des sacs en plastiques, des chaussures, des fringues, des filets, des plaques de taule ondulée, des emballages en tous genres,… ignoble et puant.

Si bien que nous nous faisons la réflexion que le tourisme a pour bénéfice d’apporter la conscience des effets de la pollution à la population locale. Si le tourisme se développe un jour ici il faudra que les autochtones apprennent à ne plus jeter à la mer, apprennent à nettoyer les plages car contrairement a l’idée répandue ce ne sont pas les touristes qui jettent leur ordure partout mais bien les locaux. Culturellement cela s’explique simplement par le fait qu’auparavant ce qu’ils jetaient se résumait principalement à des déchets végétaux ou alimentaires. Maintenant tout est plastique. Malheureusement les habitudes n’ont pas changées et l’on continue à tout jeter à la mer. Sauf dans les endroits qui ont une motivation à rester propres : là où les touristes viennent en masse. Si le sujet vous intéresse, je vous invite tous à ma prochaine conférence qui a pour titre « La pression touristique comme moteur de la sauvegarde de l’environnement » et qui se tiendra dans le bar La Salangane, dans le petit village d’El Nido, sur l’île de Palawan aux Philippine. Pour ceux qui sont un peu lent, il s’agit de notre prochaine destination mais surtout du bar de mon frangin ! Dans une semaine fini le Ramadan !!! Youhou !!! Hahahahaha !!! Hummm … hm… pardon.

A bientôt.

* Je suis pas sûr a 100% pour celui-là… peut-être un problème d’interprète…
** pas bien sûr non plus…

mardi 17 août 2010

mardi 17 août 2010
Une semaine de bateau et me voila un peu bancale sur la terre ferme ! Je tangue dés que je ne marche pas…
Heureusement je n’ai pas vraiment eu le loisir de rester debout à ne rien faire. Nous avons débarqué du MV Queen Scuba dimanche vers 10am après une longue nuit de navigation houleuse, et les choses se sont enchaînées jusqu'à aujourd’hui :
Liliane qui nous avait invité à dormir chez elle le dimanche soir est finalement partie à Jakarta… et nous avons donc dû trouver un hôtel miteux et cher prés de la fameuse (Dieu seul sait pourquoi…) plage de Kuta.

Nous occupâmes nos dernières heures de temps libre à Bali en allant nous baigner le plus au sud possible de Kuta (quasiment sous la piste de l’aéroport…) où les vagues sont si loin de la plage que les surfeurs utilisent des taxi boat pour se faire déposer au « pit » (terme technique que les surfeurs utilisent pour designer l’endroit précis où le dît surfeur doit se trouver pour… surfer… enfin je crois). Ce dernier bain de soleil balinais pris, nous partîmes pour une ballade dans les rues touristiques de la ville : bar, échoppe de souvenirs, bureaux de change, studio de tattoo,…etc. Et pour finir cette ballade nous achetâmes deux bières et des cahuètes que nous partageâmes sur la plage en appréciant le sublime coucher de soleil… tout comme une dizaine de milliers d’autres touristes.

Un petit restaurant de rue pour clore la journée et nous voici de retour à l’hôtel pour une nuit de quelques heures seulement, notre vol pour Bornéo (via Singapour et son Burger King !!!) décollant à 6am le lendemain. Ou plutôt 8am si l'on considère les deux heures de retard constatées…

Blablabla…
Nous sommes donc à Bornéo. Nous avons trouvé un hôtel sans trop de difficulté et nous essayons de trouver des choses à faire dans cet extrême orient bornéesque. Pour l’instant nos recherches se concentrent sur les sites de plongée (dont Sipadan passant pour être l’un des meilleurs du monde) mais nous explorons tranquillement toutes les possibilités. Notons tout de même que « nos » possibilités sont grandement réduites par notre budget qui a pris une méga claque la semaine dernière (aucun regret cela dit !).
De plus il faut compter avec une limite de temps : notre avion pour les Philippines décolle dans une semaine. Bientôt nous serons donc a Manille… ville mythique qui m’évoque des scènes de pirates tatoués en quêtes de putains, de bagnards alcoolisés, ou encore de fiers colons espagnols sans doute également en quête putains exotiques… tout un programme. Pour ma part je me contenterai de l’exotisme… je laisse le sexe rémunéré a d’autres (surtout pour ne pas subir les foudres de Charlotte…).

Voila pour l’évocation… on verra comment se déroule la confrontation ! (Ne soyez cependant pas trop inquiets, je suis conscient que le manille que je décris ne se retrouve aujourd’hui que dans les décors de « Pirates des Caraïbes » à Eurodisney… mais on a le droit de rêver non ?)

A bientôt.

PS : D’une bulle à l’autre je n’ai pas eu le temps de décrire la fin de notre merveilleuse croisière… sachez juste que nous avons eu la chance d’observer de majestueuses raies mantas de quatre ou cinq mètres d’envergure qui volèrent au dessus de nous en happant des kilos de plancton ! Inoubliables… comme tout le reste de cette semaine d’ailleurs.

samedi 14 août 2010

mercredi 11 août 2010

Fini la violence… la sérénité des fonds sous marins m’a réconcilié avec le monde.
Cela fait trois jours que nous naviguons sur le MV Queen Scuba. Le bateau est luxueux. Tout y est fait pour rendre nos plongées agréables :
Une équipe dédiée, prête à se plier en quatre pour exaucer nos moindres caprices.
Nous sortons minimum trois fois par jour, la norme tendant plutôt vers quatre plongées quotidiennes. Ceux qui plongent savent combien cela peut être fatigant. Les autres devront encore une fois me croire sur parole.
Pourtant, et même si nous sommes fatigués, tout est vraiment bien pensé pour que nous vivions ces sept jours de la meilleure façon possible !
Chaque plongée est précédée d’un briefing complet, détaillé, et illustré dans le salon du pont supérieur… (Chic non ?), puis nous enfilons nos équipements sur la large plateforme « de décollage ». Vient ensuite le moment de vérifier la composition de notre air… hein ?! … alors… comment expliquer simplement … j’ai déjà dit que nous plongeons quatre fois par jour… notre corps doit éliminer tout l’azote que nous accumulons pendant chaque plongée (tout le monde suit ?) … ce processus demande de l’énergie a notre organisme … d’ordinaire les plongeurs plongent avec de l’air « normal » (composé en gros a 21% d’Origène et 79% d’azote) …. Nous avons de notre coté choisi de respirer de l’air « enrichi en oxygène » (soit composé d’environ 33% d’oxygène) … l’azote à éliminer est donc clairement moindre et nos organisme s’en débarrasse plus vite… donc moins de fatigue ! Ce processus couplé à l’effet dopant de l’oxygène concentré nous permet de plonger quatre fois par jour tous les jours pendant uns semaine…
Fini pour la théorie…
Les repas sont excellents (la cuisinière est Thaï), les cabines climatisées sont toutes dotées de douches chaudes qui nous réchauffent agréablement après chaque plongée, le grand lit est moelleux à souhait… le comble du luxe est certainement d’avoir un membre de l’équipage qui nous tend une serviette chaude quand nous rentrons d’une plongée nocturne… exquise sensation… !
Tout cela bien sur n’est qu’accessoire… presque superflus… mais tellement agréable qu’on aurait du mal a sans passer. Bref le plus important dans tout ça c’est bien sûr ce qui se passe sous l’eau.
Ici aussi, le spectacle est à la hauteur. L’encadrement est suffisamment léger pour nous laisser vaquer a nos intérêt divergeant : certains adoreront passer des heures a éplucher les dentelles de coraux a la recherche d’hippocampes microscopique (« pygmées » !) quand d’autres ne pensent qu’a prendre la meilleurs des photos de paysage aux couleurs qui feraient se damner le plus extravagant des peintres impressionnistes (qui doit bien avoir un nom mais je n’ai pas peur d’étaler ici mon manque cruel de culture peintalistique..).
Des photos seraient sans doute plus parlantes mais bon il faudra vous contenter d’imaginer ce que nous avons la chance de contempler trois a quatre heures par jour pendant cette semaine… je peux entre autre vous décrire les paysages incroyablement colorés des plongée qui entourent une île volcanique : Le sable y est noir… duquel s’échappent continuellement des bulles qui prouve l’activité du volcan tout proche… la moindre couleur prend un teinte fluorescente tranchant avec ce sable foncé et les couleurs ne sont pas des moindre, c’est un festival… des coraux de toutes formes se dressent, se gonflent, dégoulinent, grimpent, et s’exposent !
Voila pour le décor… quand aux acteurs… la nature n’a pas de limite et nous croisons les créatures les plus invraisemblables du monde : du poisson grenouille (« frog fish » qui ne sait pas nager mais peut avaler de l’eau qu’il expulse par ses « pattes » pour se propulser ( !?!) et ne ressemble a rien que vous puissiez imaginer), aux pieuvres de toutes sorte qui sont capable de changer de forme et de couleur en un clin d’œil en fonction de leur humeurs, en passant par les mystérieux « star gazer » qui tiennent plus du fossile que du poisson vivant…
Nous avons la chance d’être les témoins privilégiés d’un monde et d’une vie incroyablement riche (je pourrais vous dire aussi a quel point ce monde est fragile mais bon je pense que c’est foutu de toutes façons donc je me contente d’en profiter a fond tant que Total et BP n’ont pas encore tout détruit… et puis du coup je l’ai quand même un peu dit ! Hop je me paye même une conscience écolo !).
Les plongées de jours sont époustouflantes.
Les plongées de nuits sont jouissives et mystérieuses.

Rien ne nous a déçu jusqu'à présent. Et je pourrais sans doute continuer à décrire notre émerveillement enfantin pendant des heures si mes yeux ne se fermaient pas déjà depuis une bonne demi-heure. Les lignes se croisent et les fautes de frappe s’accumulent… il est grand temps de quitter le solarium étoilé et de rejoindre ma douce cabine pour une nuit que je sais d’avance trop courte !

A bientôt !

vendredi 6 août 2010

jeudi 5 août 2010

Toujours chez Liliane… encore deux jours avant le grand départ pour notre croisière grand luxe ! En attendant je vous propose une analyse poussée de mes humeurs parfois détestables…

Aujourd’hui fut une des mes mauvaises journées. Mes mauvaises journées sont de plus en plus fréquentes… et rendent la vie des gens qui m’entourent relativement moins sympathique.
Une journée comme celle–ci se construit doucement et met généralement plusieurs mois avant d’éclore spontanément alors qu’on ne l’attendait plus forcement.
Une journée comme ça est le résultat de nombreuses frustrations, colères ravalées, déceptions silencieuses, ou énervements ponctuels… cette somme d’événements souvent anodins (mais pas que…) me pousse doucement mais surement vers cet état d’enfermement et d’énervement permanent.
Cette journée décide de s’afficher au grand jour car elle ne peut plus se cacher derrière mon visage impassible. Cette journée déborde de rage et chaque nouvelle contrariété devient alors une raison de partir en guerre contre le monde entier, et ce, sous n’importe quel prétexte.
Tout le monde a déjà vécu cette journée.

S’il me faut être honnête dans ces bulles alors je dois avouer que dans mon cas ces journées reviennent bien trop souvent tendant même parfois à devenir la norme de mon quotidien.

Je peste intérieurement de n’être pas capable de surmonter cette colère. Je le tente de façon éphémère a grand renfort de mièvrerie feinte mais personne n’est dupe et le mirage s’efface bien vite, laissant réapparaitre le monstre que je tentais de museler.

Pour moi cette journée peut durer des semaines.
A part moi, je fais évidemment souffrir ceux qui m’aiment et dont je tente alors de m’éloigner à tout prix pour ne pas qu’ils découvrent mon Hyde. Et au final à bout de tout je fini par ne plus rien laisser passer.
Je ne supporte plus rien : Le vent, les gens, le bruit, les enfants, les désagréments en tout genre,… comme si je me retrouvais en train d’accorder un piano au milieu d’une fête foraine.
Mes dernières montées de colère se sont plutôt mal finies pour ceux qui n’ont pas su avoir le discernement suffisant pour ne pas m’importuner.
Rien ne passe. Mais je laisse tout de même toujours à l’intéressé, une chance de s’excuser :
« T’es vraiment sur de pas vouloir t’excuser ? « Connard » c’est un peu fort non ? »
« Moi tu m’encules ? »
« Qui tu traite de tête de con ?? »
En voila trois qui doivent regretter d’avoir croisé ma route pendant mes mauvaises semaines. (Appréciez ici mon sens inné de la repartie !)
Je suis sur le fil.
Mes muscles sont crispés en permanence. Compressés tels les ressorts d’un percuteur, n’attendant qu’une minuscule pression sur la détente pour se libérer.
Jusqu’ici chaque explosion n’aura couté qu’une ou deux belles cicatrices ou/et un nez cassé. Mais qui sait jusqu’ou Hyde pourrait aller, voir même sûr qui il pourrait tomber (en Asie un Bruce Lee peut se cacher derrière n’importe quel Pékin…) et je ne suis pas incassable. Seulement, je n’ai, durant ces moments de débordement, aucun contrôle sur moi-même.
Cela reste à ce jour le seul moyen que j’ai de calmer mon « Dark passenger ». De faire descendre la pression.

Vous vous demandez sans doute comment je peux me trouver dans cet état d’âme alors que je suis à Bali. Et bien je n’en sais rien.
J’ai bien deux trois indices : Je sais que nous piétinons dans ce pays où nous se savons où aller. Je sais que nous sommes en attente d’une croisière exceptionnelle et que les journées qui nous en séparent sont longues et ennuyeuses. Je sais que je n’arrive pas à savoir où je veux aller après. Je ne sais pas quoi faire ni ce dont j’ai envie. Je sais que mes gens me manquent, les vivants comme le grand Absent.
Le pire… c’est que de n’être pas heureux ici, me rend encore plus furieux.

Sinon, à part exploser le nez d’inconnus peu délicats envers ma personne, je trouve parfois un peu de sérénité dans les bras des femmes de vie, ceux de mes frères et de mes amis, dans la musique un peu (que je ne sais malheureusement qu’écouter…), et puis innovation de ce soir : dans l’écriture.
Décrire mon malaise le rend ridicule. Commun. Ma cage thoracique se délie un peu. Je respire mieux. Mon baume du tigre personnel serait l’écriture ?
Hulk ne sortira pas ce soir. Il restera enfermé dans cette bulle… comme les méchants dans Superman III, enfermés pour l’éternité dans des sortes de miroirs qui tournoient indéfiniment dans le vide intersidéral. Si vous n’avez pas cette référence c’est que vous êtes trop jeunes… ou trop vieux… ou pas du tout cinéphile.

Au bout du compte je suis fatigué de tenir ce tigre en laisse. Las. Epuisé de contrôler sans cesse. Contenir à tout prix. Et puis je ne retiens pas seulement les excès de colères. Je retiens tout : Joie, petits bonheurs, rires, etc. Rien ne sort de ma camisole.

Au lieu d’inconnus je voudrais me frapper moi-même et combattre les démons qui me hantent… ceux là même que les peintures Balinaises représentent si bien.

Si seulement je dormais bien… je pourrais chaque matin me lever serein, emprunt d’une nouvelle force, d’un nouveau sang comme on dit au Yoga, pour affronter ce qui me ronge. Voila donc sans doute un bout de conclusion, de cause et d’effet :
Le manque de sommeil me pousse à bout. C’est d’un banal finalement. La privation de sommeil rend fou n’importe qui.

Et donc mon état ne serait alors dû qu’à une raison première et triviale : le lit de la chambre d’amis de Liliane. L'horreur... une apologie de l'Inconfort. Un sommier creusé dont le cadre scie mes jambes trop grandes, et qui est, sous le drap, recouvert de l’emballage plastique d’origine (bienvenu en Asie !).
Comme quoi parfois il vaut mieux se méfier des cadeaux du destin. Liliane nous a accueilli avec tant de bonté qu’il est difficile de se plaindre de quoi que ce soit… Mais songez à tous ces maux que j’ai décris plus haut… ne seraient-ils pas déjà effacés depuis une semaine si nous avions simplement quitté Bali ?
Avant de (tenter de) dormir le soir de notre arrivée chez Liliane, j’avais prié brièvement pour remercier mon étoile de m’avoir offert cette opportunité… et j’avais aussi demandé qu’elle en serait le prix. Tout vient avec un prix dit le catholique qui sommeil en moi. Finalement mon monde tourne rond et mes valeurs sont respectés. J’ai payé le prix de ma chance. Me voila rassuré. Serein. Calmé.

Sauf que…
Il est 1h du matin et que derrière la porte qui me fait face m’attend mon pire ennemi, le, désormais démasqué, lit pourri de la chambre d’ami de Liliane...

A bientôt.

PS : voila bien longtemps qu’une bulle n’avait pas été si personnelle, je me le permets seulement parce que c’est les vacances et que personne ne me lit vraiment… ! Sinon… MANIFESTEZ VOTRE RAGE et commentez avec ardeur !

mercredi 4 août 2010

mardi 3 août 2010

Bon…
Nous sommes toujours chez Liliane. Nous avons été rejoins par deux autres voyageurs qu’elle a rencontrés au Népal et qui profite comme nous de son hospitalité. L’ambiance est sympa et nous avons enfin des gens avec qui partager nos apéros quotidiens.
Hier, Liliane nous a trouvé un chauffeur qui nous a conduit dans « le centre culturel » de Bali : Ubud… C’est en réalité, et comme d’habitude, un grand nom pour un lieu où le touriste est soumis à la charge permanente de plusieurs vendeurs qui vendent tout et n’importe quoi.
Mais au moins les rues sont propres et charmantes, tandis que le trafic est plus calme que vers « le centre hotelistique » de l’île.
Nous occupons notre matinée dans un temple hindouiste où les singes règnent en maitres et sont révérés comme des divinités. Ainsi des dizaines de macaque nous accompagne prêts a recevoir (ou a voler) le moindre aliment ou la moindre boisson que nous pourrions sortir de nos sacs… Si ce n’était pour le billet d’entrée trop cher (et visiblement pas vraiment officiel…) je dirais volontiers que ce temple vaut le détour. La spiritualité de l’endroit est bel et bien vivante et le décor de jungle tropicale donne un brin de mystère à l’atmosphère que l’on pénètre.
Nous déjeunons rapidement et plutôt mal dans un restaurant bien trop cher pour notre bourse et marchons ensuite un peu dans les rues de la ville. Galeries, magasins, hôtels et restaurants se suivent et se ressemblent… et puis voila… rien d’autre à ajouter sur Ubud.

Nous reprenons ensuite la voiture pour aller observer les « champs de riz en terrasses » que Charlotte tenait tant à voir.
A notre grand désespoir, Lilian dirige notre chauffeur vers LE spot touristique d’observation des dites terrasses…
Nous nous y baladons quand même un peu et tachons d’ignorer la bordure de restaurant qui les entoure. Y faire des photos est un réel exercice de style : nous essayons toujours de n’avoir dans nos cadrages que du pur naturel. L’idée étant de faire croire aux gens qui s’y intéresseront (en gros ma grand-mère, et les trois lecteurs assidus de ces bulles que j’ai déjà cités précédemment…) que nous sommes seuls au milieu de ces rizières vert pomme… Mais l’opération est parfois trop difficile et il nous faut nous rendre à l’évidence : un passage sous Photoshop sera nécessaire pour gommer les vingt-cinq japonais ou les trois gros allemands (qui étrangement prennent autant de place sur la photo…) qui gâchent notre arrière plan.

A la fin de la journée nous sommes heureux de pouvoir rayer Ubud et les terrasses de notre liste de chose à faire à Bali.
Bilan depuis notre arrivée :

X Surfer sur la grosse plage à touristes
X Aller à la messe
X Visiter le Art Center
X Visiter les rizières
X Visiter Ubud

Pas si pire finalement…
Mais le gros point noir de l’histoire est le manque total de plongée dans ce bilan… Le prix est exorbitant et (nous le tenons de la bouche même d’un instructeur) les fonds sur-fréquentés. On atteint parfois les 60 plongeurs sur un même site, à guetter des raies mantas qui ne viendront sans doute jamais vu l’affluence… le tout pour 150€ les deux plongées…

Nous avons longuement réfléchi quand à l’utilité de persévérer dans notre découverte de l’Indonésie. Le ratio plaisir/argent dépensé est loin de combler nos espérances… Mais d’un autre coté les plongées sont censées être fantastiques.

Au bout du compte et après de longues et ennuyeuses recherches via internet… nous avons trouvé une croisière hors de prix (après de dures négociations 1240 € par personne) sur un bateau de plongée pour sept jours à compter du dimanche 8 aout.
Notre logique :
Quitte à dépenser beaucoup, autant se faire vraiment plaisir en plongeant trois fois par jour et, en faisant d’une pierre deux coups, visiter les îles de Komodo et de Flores qui refusent de nous accueillir à des prix décents.

Je pense qu’ensuite nous pourrons quitter ce pays sans trop de regret. Et puis qui sait… ? Il est possible (même si j’en doute beaucoup aujourd’hui…) que cela nous remotive et nous pousse à persévérer dans ce voyage.
Il est quand même bien plus probable que nos pas se dirigent vers la Malaisie, la Thaïlande (que nous chérissons tant !!!) ou encore directement vers les Philippines.

Aujourd’hui nous n’avons rien de prévu et pas de voiture pour bouger… Paul et Sophie (les deux autres scouateurs) ont suggéré un massage dans un spa voisin… j’ai dit « pourquoi pas »… A voir donc !

Nous attendons maintenant Dimanche et le départ de notre croisière avec impatience… d’ici la les journées risquent d’être bien longues !

A bientôt.

lundi 2 août 2010

samedi 31 juillet 2010
Depuis que nous nous sommes installés chez Liliane notre rythme de vie a sérieusement ralenti. Nous nous laissons doucement porter depuis trois jours… Les tarifs des activités touristiques nous ont sans doute un peu assommés et nous nous contentons de découvrir Bali en fonction des allers et venus de notre hôte.
Le premier jour nous l’avons ainsi accompagnée à un cours de Yoga matinal (levé à 6h…) sur la plage de Sanur. Il s’agit de la plage chic des alentours de Denpasar, bordée d’hôtels luxueux et de piscines à débordement…
Nous nous sommes donc contorsionnés pendant deux heures devant le soleil qui se levait. Et je dois ici faire un mea culpa pour toutes les fois où j’ai pu me moquer des gens qui prétendent que le yoga est un sport… (Oui j’ai fait ça…) mea culpa donc car en effet, nous avons beaucoup transpirés et nous avons depuis de sérieuses courbatures ! Le yoga c’est dur !
Cet énergique début de journée fut suivi par un déjeuner exclusivement végétarien (haaaaaaaa…) lui-même suivi d’une sieste aux allures de deuxième nuit… nous avions du retard.

Les deux jours d’après n’ont vu que peu d’activités distillées dans de longues journées de… hum… bah disons de « réflexion » quand a la suite de notre programme.
Ainsi nous avons visité le Art-Center de Bali qui ne semble intéresser que nous… le reste des touristes doit sans doute préférer le saut a l’élastique sur la plage de Kuta… (Kuta c’est St Trop’, Phuket et Lacanau réunis sur cinq kilomètres de plage bondés, avis aux amateurs…)
C’est donc absolument tranquilles que nous avons pu découvrir les subtilités des arts balinais. Je garderai en mémoire la finesse ultime des sculptures/gravures sur bois et ivoire. Splendide.
Et puis voila… c’est à peu prés tout pour cette journée.
La suivante est un peu plus chargée puisque nous commençons par accompagner Liliane à la messe. Liliane fait parti de l’église adventiste (en gros c’est des Chrétiens protestants qui ont découvert que le jour du seigneur c’est pas le dimanche mais le samedi… un jour avant… avant/adventiste… yen a encore qui ont pas compris ? Adrien c’est bon ? Vesna ? Samia ? … et voila j’ai fait le tour de mes lecteurs en ces difficiles mois de vacances…).
Après le service, toute la communauté se retrouve autour d’un repas typiquement Balinais qui nous permet de gouter les saveurs pimentées de la région. Ce repas convivial est aussi pour l’occasion de rencontrer Franklin.
Ce balinais aux allures de néozélandais a vécu et travaillé plusieurs années en Californie (pour un boite de pub) avant de décider que la vie était plus sympa au soleil… (C’est pas moi qui le dit pour une fois).
Franklin est un surfeur… qui aime apprendre aux autres à surfer…
Vous voyez ou je veux en venir ?
L’après midi même nous le retrouvons pour notre première leçon de surf ! (Je dis première mais en réalité pour moi il s’agit d’une redécouverte après quinze ans de non-pratique…)
Et nous sommes fiers de pouvoir dire ce soir que nous avons tous les deux surfé à Bali… Oui, oui : « surfé », debout sur la planche, poussés par la vague, le vent dans les cheveux, et tout et tout ! Pas encore complètement avec le style adéquat mais c’est quand même la classe suprême !
Merci Franklin.
Nous sommes ensuite allé diner tous ensemble dans un restaurant chic (ouch le budget…vingt euros pour trois… vous ne pouvez pas comprendre…) super sympa et assez bon pour faire passer la note en douceur.

Voila pour aujourd’hui…
Nous tachons d’organiser la suite de notre périple avec soin mais le cocktail entre plongée/volcans/budget/temps/…Etc. est difficile à ajuster. Liliane voudrait nous voir rester toute la vie… nous avons donc encore quelques jours pour nous décider et finir de faire ce que nous voulons faire a Bali (en gros les plages du sud, quelques temples et les champs de riz en terrasses du centre de l’île…).

Pour le moment… je vais reposer mes bras de surfeur trentenaire et rouillé.

A bientôt.

jeudi 29 juillet 2010

jeudi 29 juillet 2010
Mes aïeux… que d’aventures depuis notre dernier entretien… (Belle entrée en matière non ?)

Yogyakarta n’est plus qu’un lointain souvenir. Après avoir soufflé la bulle précédente nous avons pris la décision de quitter la ville dés le lendemain matin. Et comme je l’avais laissé entendre, nous sommes partis vers Bali via les volcans de Bromo.

Ce long voyage fut simplifié par le recours à un « Tour » qui organise ce genre de connexion. Nous essayons de n’avoir cette faiblesse que rarement (car nous avons souvent été déçu et que nous préférons, comme nous pouvons nous le permettre, prendre le temps de nous débrouiller par nous même) mais il faut bien l’avouer cela nous a ici énormément simplifié la vie, et fait gagner pas mal de temps.
Ce « Tour » nous fit quitter Yogyakarta à 8h le lendemain matin en mini-van. Nous arrivâmes dans le village qui borde jouxte le parc national de Bromo vers 19h le soir du même jour. Encore une longue journée de transport durant laquelle je maudis mes jambes d’être aussi longues.

Notre hôtel nous accueille donc à la nuit tombée. Nous sommes saisis par la température extérieure… environ 10°C. Mais nous sommes partis parés, nous enfilons nos polaires et nos collants « techniques » (ie : ultra légers, ultra chauds, ultra chers mais parfois gratuits… rapport à mes pulsions kleptomanes...), puis nous dinons rapidement en regardant un film sur mon ordinateur.
Extinction des lumières a 21h.
Pourquoi aussi tôt ?
Autant l’avouer : nous avons vieillis. Le temps des nuits interminables à boire de la bière autour d’un jeu de carte ou de stratégie est loin derrière nous a présent. Nos corps nous font payer trop cher nos courtes nuits et il est temps pour nous de les écouter.
...
Nan je déconne… enfin surtout pour la bière.
En fait nous essayons de dormir tôt pour la simple raison qu’en allant nous coucher nous réglons le réveil sur 3h.
Et comme ces choses sont bien conçues, une charmante musique nous réveille comme prévu à 3h. Dur.
Nous avons à peine le temps de nous habiller chaudement que le guide de notre « tour » vient frapper à notre porte. C’est l’heure.
Nous embarquons, serrés, à six dans une jeep qui mettra une heure à grimper jusqu’en haut du plus haut des volcans d’où la vue sur les autres est supposément la meilleure.
Nous ne sommes pas les seuls.
Les jeeps (toutes du même model) se suivent sur la route cahoteuse qui demande aux conducteurs experts de recourir aux quatre roues motrices de leurs engins.
En haut la route n’est plus qu’une bande de goudron bordée de jeep sur plusieurs centaines de mètre.
Chacune déversant sa contribution au torrent de touriste qui se dirigent en chœur vers le point de vue.
Nous sommes environ cent cinquante. Tous frigorifiés sur la plateforme. Tous à attendre, dans la lueur bleutée de l’aube, que les acteurs entrent en scène…
Le soleil pointe son nez vers 5h30 et avec un altruisme naturel dévoile ses partenaires pour que le spectacle puisse commencer.
La vue est extraordinaire.
J’ai dit précédemment que l’Indonésie ne nous gagnait pas encore, mais là je dois avouer que j’en entrevois les merveilles. La nature est impressionnante.
Quelqu’un à coté de moi dit doucement « c’est finalement un peu comme ça que le monde a commencé »…
C’est sans doute vrai. Les volcans fument, paisiblement et régulièrement. Le soleil les éclaire de coté afin de mettre en valeur les croissants de cratères ainsi illuminés. Les photographes s’en donnent a cœur joie. Mais il faut se presser… chaque minute offre une lumière différente… mais bientôt, avec la chaleur du soleil, toute la vallée sera recouverte par les nuages.
Nous faisons comme tout le monde et profitons du spectacle jusqu’au bout. Pour une fois la foule n’a en rien gâché notre plaisir. Le spectacle était à la hauteur.
Nous remontons dans la jeep et partons vers la base du volcan le plus actif pour aller directement sur la crête du cratère. Les paysages de steppes mongoles qui l’entourent sont à couper le souffle. En haut le souffre piquent nos narines et envahit nos poumons qui recherche l’oxygène après l’effort de la montée. Mais encore une fois la vue récompense l'éffort.

Apres une heure de contemplation nous faisons le chemin inverse et retournons à l’hôtel.

A peine le temps de petit déjeuner, de boucler nos sacs et nous voila à nouveau sur la route.
Nous n’arriverons à Denpasar (Bali) qu’a 23h…
L’ile célèbre nous accueille avec la pluie. La fatigue est bien présente aussi.
Et pourtant il nous faut vite trouver un endroit où dormir.
La mission s’avère assez impossible. Les portes sont fermées. Des panneaux « full » nous accueillent partout comme a Yogyakarta. Et les prix sont affolants.
Par miracle nous dénichons une chambre a 15€… soit trois fois notre budget habituel, qui nous sauvera d’une nuit sous la pluie.
Comme a Yogyakarta nous devrons nous lever tot le lendemain en espérant trouver une chambre moins chère.

Mais le lendemain nos espérances s’envolent bien vite. Rien ne correspond à nos recherches… et de toutes façons tout est plein… booké jusqu’au 15 aout… la saison bat son plein et nous sommes sans doute dans l’endroit le plus fréquenté d’Asie.

Nous finissons par nous échouer au Mc Do, dépités, avec nos gros sacs, pour commander un coca qui nous permet d’utiliser le Wifi.
Charlotte veut chercher un hôtel sur internet… je m’apprête à chercher un billet d’avion pour me barrer de cet enfer !

C’est alors que se produit un petit miracle…
Comme à mon habitude je commence par lire mes mails en ouvrant mon ordinateur.
Je découvre alors dans ma boite, un mail d’une Américaine, d’origine Indonésienne, de retour à Bali pour profiter de ses vieux jours, Liliane, que nous avions rencontrée à Yogyakarta et avec qui nous avions sympathisé.
Liliane, donc, nous propose de venir habiter chez elle... dans sa maison... à Denpasar.

Un coup de téléphone et vingt minutes plus tard, Liliane vient nous sortir de notre Mc do pour nous ramener dans son havre de paix.

Nous pouvons (enfin) souffler.
Il est d’ailleurs temps de vous laisser souffler vous aussi.

A bientôt…

mardi 27 juillet 2010

dimanche 25 juillet 2010
Bon… nous sommes en Indonésie depuis maintenant une grosse vingtaine de jour.
Apres en avoir longuement discuté, nous avons conclu que nous ne sommes ni l’un ni l’autre vraiment sensibles aux charmes de ce pays…
J’illustre mon propos :
Hier nous sommes allés à Borobudur. L’endroit est décrit dans les guides comme étant la perle de l’Indonésie : LE temple à ne pas rater.
Notre vision des choses est un peu différente :
Hum… alors oui c’est pas mal. Un gros temple en étage, constitué d’une multitude de bloc de pierres volcaniques noires. Assez imposant je le concède mais… (pour commencer)… terriblement vide de spiritualité.
Nous sommes arrivés là-bas en dehors des horaires touristiques, par le bus local, et donc nous n’y avons vu quasiment que des Indonésiens… mais presque tous musulmans. Le site est censé être un lieu de pèlerinage pour les bouddhistes. Il s’agit en réalité d’un monument sans âme sur lequel grimpe des hordes de touristes uniquement attiré par l’idée de se faire prendre ne photo en haut. En Thaïlande, au Laos, et surtout au Cambodge sur les ruines d’Angkor, les temples même anciens sont vivants, toujours couverts d’offrandes, drapés de tissus multicolores, parfumés d’encens, où le visiteur est le bienvenu si il sait respecter les traditions et les usages…
Ici rien. Pendant les heures « touristiques » on demande bien aux filles de passer un Sarong mais c’est uniquement pour le folklore. A notre horaire rien.
Aucun moine ne déambule non plus autour du temple.
Les larges entrées dignes de Disneyland sont dénuées de charme et je n’ose même pas les comparer aux sentiers tortueux qui mènent à certains temples d’Angkor. Les arbres ne « dégoulinent » pas sur les ruines et puis pour finir avec les comparaisons entre Angkor et Borobudur (que je ne m’autorise uniquement parce que le LonelyPlanet le fait…), il faut préciser que Borobudur c’est un seul temple, alors qu’il faut plusieurs jours pour découvrir ne serait-ce que la moitié des Temples qui constituent Angkor.

Voila, je crois que j’en ai assez dit. ALLEZ A ANGKOR !!!

J’enchaine sur le « Sultan Palace » de Yogyakarta ? Bah pareil hein … rien de très excitant. Derrière le kitch extravagant des palais thaïs, le « palace » qui ne présente aucune particularité architecturale parait bien morne. ALLEZ EN THAILANDE !!!

Les gens ? Alors là en revanche il faut le dire : les gens sont adorables. Toujours prêts a nous aider, a discuter, a prendre du temps pour nous et ce parfois même sans aucune contrepartie (rare en Asie). ALLEZ QUAND MEME AU LAOS !!!

Tout ça pour dire que nous avons du mal à nous mettre dans le bain. Pour l’instant seule notre étape avec les orangs-outangs nous a vraiment marquée. Du coup nous avons de plus en plus de mal a nous convaincre de dépenser de l’argent dans les visites en tous genre… La flemme nous gagne.
Mais nous allons persévérer encore un peu en descendant vers Bali, avec peut-être une halte autour des volcans de Bromo. Nous espérons vraiment que ce sentiment s’effacera vite, et que l’Indonésie saura nous séduire et nous toucher autant que ses voisins nordiques.

A bientôt.

samedi 24 juillet 2010

vendredi 23 juillet 2010
Apres une mission encore particulièrement impossible mêlant trois heures d’avion puis six de train… nous voici arrivés a Java !

Le premier contact est rude en sortant de la gare à 9pm (on dit comme ça ici…).
Précisons déjà que nous sommes éreintés. Précisons ensuite que nos sacs sont outrageusement surchargés (notamment de matériel de plongée encore trop peu utilisé…). Précisons enfin que nous débarquons dans le cœur touristique de l’Indonésie. Par conséquent les touristes sont omniprésents. Et pire encore : des français partout.
Tout ça à cause des grandes vacances… Car sans y prendre garde, et pour la première fois, notre expédition se trouve tomber exactement durant la haute saison touristique ET les grandes vacances de notre cher pays.
L’horreur.

Les conséquences multiples et complexes de ce fait à priori banal se résument, à notre arrivé, en un seul inconvénient majeur et mais sans conteste extrêmement désagréable : les hôtels, guesthouse (« Losmen » ici) sont toutes FULL ou totalement hors de prix.
Nous capitulons vers 10.30pm et arrêtons nos recherches stériles, en acceptant une chambre miteuse et à l’odeur fétide, et ce pour un prix indécent.

Vous rêvez toujours de partir ?

Mais ne vous y trompez pas… si nous avons perdu une bataille, la guerre ne fait que commencer. Et c’est pour cela que dés le lendemain matin nous avons rebouclés nos sacs, pour repartir a la recherche d’un logement qui saurait nous accueillir décemment ! Et vers 10am nous emménageons fièrement dans une chambre simple mais propre, dotée d’une salle de bain avec douche (froide faut pas trop s’emballer non plus hein …), de vraies toilettes (youhou!), et tout ça pour un prix qui convient a notre maigre budget (soit 50000rupiah soit encore 5€).

Ouf. Le moral qui avait prit un sérieux coup dur hier soir est remonté doucement tout au long de la journée. Nous avons arpenté les rue de Yogyakarta pendant plusieurs heures sous un beau soleil, sans réel but, comme des amoureux, à nous arrêter a droite a gauche pour discuter avec les Indonésiens qui ont le bavardage facile. Puis, une fois n’est pas coutume nous avons même succombé au discours d’un vendeur de Batik (artisanat Javanais de peinture sur tissu très typique) à qui nous avons acheté un Magnifique (mais si !) tableau, non sans avoir négocié le prix ardument pendant une demi heure évidemment (bah oui on est pas français pour rien…) !
Et pour finir cette journée tranquillement … (est-il nécessaire de vous l’écrire ?) … une puis deux puis quelques autres bières en compagnie de deux français (touristes !) bien sympathiques. Nous dinons dans un restaurant de rue sur des nattes posées à même le sol, puis rentrons sagement nous coucher...

A bientôt.

mercredi 21 juillet 2010

mercredi 21 juillet 2010
Journée morte.
Entre deux étapes, nous nous retrouvons à Medan, une des rares grosses villes de Sumatra. Pas de trottoir, un vacarme permanent où s’accordent mal les klaxons des voitures et les marteaux piqueurs de cette ville en construction perpétuelle.
Le contraste est radical pour nous qui venons de quitter la paisible berge de la rivière qui traverse Bukhit Lawang. Tout nous agresse. Avec en haut de la liste (et sans racisme mais juste parce que c’est vraiment chiant) le chant de l’imam toute les quatre ou cinq heures… Non parce que bon, chez nous y a bien les cloches mais au moins ca permet de savoir quelle heure il est et puis ca dure vingt seconde maximum. Bref ça donne un peu envie de monter une mission commando pour lui couper le câble de son micro.
J’ai dit « en haut de la liste » mais maintenant j’hésite avec un autre désagrément de cette ville qui a sans doute aussi beaucoup à voir avec le musulmanisme ambiant… Charlotte le décrirait sans doute mieux que moi mais bon faudra vous contenter de ma version :
Les hommes passent leur temps à la reluquer de la tête au pied, en s’arrêtant allégrement sur le cul ou le décolleté pourtant peu provoquant. Et puis ça drague lourdement voir très vulgairement parfois… Hier soir un mec s’est même planté en vélo à force de se retourner comme un gamin qui aurait croisé Pamela Anderson en maillot rouge échancré… En gros on les sent quand même bien frustrés les bonhommes, et Charlotte refuse même de sortir seule… c’est bien la première fois en Asie…
Tant pis pour eux, je ne ferais pas ici l’exposé de mes convictions religieuses mais je remarque juste que l’ambiance musulmane ne m’attire pas vraiment, et que c’est sans doute une des principales raisons qui font que je ne pourrais pas m’installer ici.

Heureusement nous quittons cet enfer urbain demain matin !
Adieu Sumatra et bonjour Java ! Nous voyageons efficace pour une fois… Nous avons décidé de soulager nos coccyx endoloris (par de longues journées de bus public) et de choisir l’avion pour rejoindre notre prochaine étape : Yogyakarta. Deux heures d’avion au lieu de quarante heures de bus… je vous laisse juges.

En plus j’allais presque oublier mais je suis mourant !
Avant-hier soir un scorpion m’a piqué. Alors que nous étions encore à Bukhit Lawang, une énorme averse tropicale s’est abattue sur le village. Nous dinions sur la terrasse couverte et a la fin du repas je me lève pour aller payer…
Debout devant le comptoir j’attends que la patronne fasse le compte de toutes les bières que nous avions bues… et là « AYE … PUT*** DE M*RD* » (l’élégance a la française bien sûr…).
Je baisse les yeux vers le pied qui m’a communiqué cette douleur violente… « Rha **tain me suis fait piqué par un scorpion… fait ch*** ! ».
Car effectivement a mes pieds se trouvait encore ce p****n de scorpion. Tout noir, aussi gros qu’une grosse souris, les pinces écartées, le regard menaçant et le dard encore suintant de venin fraichement inoculé…
Bon… on fait quoi après ça … ? Déjà on souffre un peu parce que ça brule sacrement fort. Ensuite on se demande quand même si on ne va pas un peu mourir dans d’atroces souffrances…
Et puis finalement on est content de voir les nombreux rangers (guides) se jeter a notre secours, tuer le scorpion, lui arracher le dard puis l’estomac pour concocter une potion de guérison en l’écrasant dans de l’huile de friture…
Bilan, après une nuit un peu difficile a cause de la douleur, mon pied n’a presque pas gonflé et c’est bon signe, « strong blood » d’après Budy, le guide qui a pris mon cas en main la veille.
La douleur se réveille encore de temps en temps quand je marche mais je pense ne plus être entre la vie et la mort ! Génial non ? Enfin le plus cool dans cette histoire c’est quand même que j’ai survécu a une piqure de scorpion !!! Moi je trouve ça super cool… je pense même me faire un tatouage sur le pied pour que tout le monde le sache !

Et voila… encore une aventure qui fini bien, et tout ça rien que pour vos yeux ébahis.

A bientôt.

mardi 20 juillet 2010

vendredi 9 juillet

Par où commencer …. ?
Un grand « Bonjour » d’abord pour assurer un minimum de cordialité.
Un petit résumé de la situation ensuite pour combler un long mois d’absence bullaire :

Je pourrais sans doute synthétiser ces deux mois à Fontainebleau par ces deux mots : « sept kilos ». Mais je sens bien qu’il vous en faut plus (mais pas trop non plus hein…).

Sept kilos donc c’est quoi ? … hé bien plusieurs choses :

Deux petites choses toutes mignonnes qui doivent s’y mettre à deux pour totaliser ce score : Eneko et Ninon, fils et fille de mes grands frères. Bravo à eux et aussi aux mamans pour les livraisons. Me voila double tonton.

Sept kilos c’est aussi environ ce que nous avons pris (les mauvaises langues diraient chacun, je vais me contenter de laisser planer le doute…) en mangeant chaque jour à la table de ma Maman pendant deux mois. Une orgie. Rôtis, steaks, poulets, patates, salades composées, mayonnaise maison, pain, fromage, pâtes, légumes, tartes, gâteaux, glaces, …etc.

Sept kilos de bagages en plus. Qui correspondent eux aux folies dépensières que l’ennui nous a poussé à faire … Principalement du matériel de plongée. Ben y a pas de secret : nos sacs sont assez peu portables a présent et après deux longues journées de voyages, nos dos sont a l’agonie. C’est le métier qui re-rentre (en force).

Voila pour le résumé. Court certes mais je pense bien revenir sur chacun de ces aspects et sur ceux non-sus-mentionnés dans d’autres bulles.

Nous en venons donc à la question qui vous taraude depuis le début de cette bulle : mais où sont-ils ???
Vous vous souvenez de la bulle qui décrivait notre périple retour des Perhentians vers Paris… long hein ? Rien à voir avec l’épreuve que nous avons surmontée pour arriver jusqu’ici.
Départ de Fontainebleau à 16h30, 35 minutes de train puis 35 de RER B vers Paris CDG, nous embarquons sur le vol Emirates Paris-Dubaï a 21h50. Trois heures à Dubaï, puis Dubaï-Singapour. Neuf heures à Singapour dans le Starbucks de l’aéroport. Puis Singapour-Kuala Lumpur. Trois heures à Kuala Lumpur. Puis Kuala Lumpur-Banda Aceh (Indonésie).
Il est 13h30 quand nous sortons de l’aéroport et respirons pour la première fois depuis 48h, de l’air non-climatisé, chaud, et très humide.
Nous prenons un taxi vers le centre ville pour y trouver une guesthouse d’appoint sans charme pour une nuit afin de régler deux trois derniers détails avant de partir vers l’île que nous avons choisi (au pif…).
Les derniers détails c’est en fait une seule chose : changer de l’argent. Nos euros qui hier rendaient nos voyages si peu chers sont aujourd’hui moisi par la crise économique et les cours proposés sont déprimants. C’est la vie… et nous n’avons pas le choix, il nous faut de l’argent local.
Nous tachons de profiter de cette nuit pour tenter de récupérer les deux nuits de sommeil dont le manque commence cruellement à se faire sentir.
Au final la nuit ne fut pas vraiment réparatrice mais suffisamment pour que nous ayons le courage de refaire nos sacs pour aller jusqu’au ferry qui nous amènera … à … (suspense) … Pulau Wé.

L’île est plutôt très sauvage. Grande, montagneuse et doté de peu de plages. Le confort des rares bungalows est extrêmement sommaire. Et il faut bien l’avouer : la première impression n’est pas excellente. Mais au contraire des Perhentians, nous n’envisageons pas de rester ici très longtemps donc le confort est accessoire.
Notre plan est de faire ce qu’il y a de mieux a faire ici (snorkeling dans un « jardin de corail » …, plongée sur les « murs » sous-marins,…etc.) puis de repartir vers d’autres horizons plus idylliques.

La terrasse sur laquelle je souffle cette bulle fait face à la mer. Là il fait nuit mais de jour la vue est très sympa. Et orientée plein Est, ce qui me poussera à tenter l’effort de me lever pour contempler le lever du soleil demain matin.

Il est temps pour moi d’aller dormir… je ne vous promets pas de bulle quotidienne (j’ai rompus cette promesse il y a deux mois déjà…) mais je promets en revanche d’en écrire le plus souvent possible. Quand à les envoyer c’est une autre histoire : pas la moindre trace d’un réseau wifi dans le coin.

A bientôt.




lundi 12 juillet 2010


Presque une semaine s’est écoulée depuis notre arrivée en Indonésie et nous sommes toujours sur cette même île : Pulau Wé.
On pourrait alors s’imaginer que nous avons découvert un petit paradis que nous n’arrivons pas à quitter… Il n’en est rien.
La vérité est bien moins glamour et excitante mais (pas de chance pour vous) sera l’objet de cette bulle !
Tout avait comme je l’ai dit dans la bulle précédente, plutôt pas excellemment commencé rapport au fait que l’ile ne nous enthousiasmait pas beaucoup.
Le lendemain de notre arrivée nous étions cependant pleins de joie à l’idée de tester notre nouvel attirail de plongée !
Le centre de plongée du minuscule village ou nous dormons est plutôt sympa, bien qu’absolument pas « pro » ! Heureusement nous savons prendre soin de nous même. Et donc avant de nous engager dans une plongée profonde et incertaine nous avons demandé une bouteille chacun pour aller devant la plage et nous assurer que rien ne nous trahirait dans des conditions plus périlleuses.
« Ok, no problem »
Et c’est sans aucune supervision ni aucune preuve de notre niveau qu’on nous a laissé partir avec deux bouteilles pendant une demi heure. Tout fonctionne à merveille !
Nous nous inscrivons donc pour la plongée du lendemain en étant complètement sereins.

Les nuits sont encore difficiles à cause du décalage horaire. Mais nous nous réveillons tout de même le lendemain tout excité à l’idée de plongée dans ce nouvel environnement !
Plongée du matin annulée à cause d’une tradition de deuil. Imparable. Mais à 14h, dans le respect de cette tradition, le bateau peut a nouveau naviguer. Nous partons plonger !
Du bleu, des poissons, du corail, des nouveaux poissons, des moyens, des petits et des bizarres, pleins de poissons quoi !
Cool.
La soirée qui suit marque le début d’un enfer sanitaire qui dure depuis…
Vomissement et diarrhée sont aussi réguliers que les métros parisiens mais les toilettes aussi peu accessibles que la basilique de Montmartre un dimanche après midi. Rien de très réjouissant en somme…
Dans le même temps Charlotte a attrapé un rhume qui lui interdit toute descente aux abysses.
Bref… vous l’aurez compris : notre stock de papier toilettes diminue a vue d’œil, employé tour a tour comme mouchoir et comme … bah comme PQ.
C’est par conséquent un peu contraint et forcé que nous restons sur cette île qui nous a si mal accueillis. Nous sommes parfaitement incapables de reprendre la route dans cet état de délabrement avancé.

Ce matin nous nous reveillons après notre première vraie nuit de sommeil ininterrompue… Mon ventre est toujours douloureux mais je me permets d’espérer être au moins en « voie de rétablissement ». Aucun espoir du coté de Charlotte en revanche qui n’est à présent qu’un nez qui coule en permanence tel un brie de Meaux au soleil… (Oui, le fromage me manque déjà !)

Néanmoins, nous décidons qu’a défaut de plonger nous pouvons (si nous trouvons la force… en l’occurrence sous la forme d’ibuprofène 400) aller nager au dessus des magnifiques champs de coraux qui encercle l’ilot d’en face. Pour cela il nous faut louer des palmes car même si nous avons dépensé des sommes folles en équipement de plongée il nous manque toujours les Palmes et le Gilet dont l’encombrement et le poids dépassent les limites du raisonnable pour des voyageurs « sacs à dos ». Il est évident que nous ne resterons pas raisonnables longtemps…

Nous louons donc des palmes et partons toute l’après midi visiter ce jardin sous marin dont les guides touristiques parlent tant.
Bon ben c’est beau. Pas besoin d’en parler pendant des heures : c’est beau.

Ce soir, l’appétit m’est revenu et c’est avec plaisir (et non appréhension comme les deux jours précédents) que j’ai vu arriver mon plat il y a à peine 30 secondes…
Je vous laisse, ça refroidit !

A bientôt.




vendredi 16 juillet 2010

Sans rythme imposé, difficile de tenir un quelconque rythme.
Voila bien quatre jours que je n’ai rien écrit et c’est a chaque fois plus difficile de reprendre la plume.
Mais je ne suis pas encore prêt à me réinvestir dans ces bulles comme j’ai pu le faire pendant les deux premiers mois de notre voyage.
Pour le moment je tache de profiter au mieux des premières semaines de cette nouvelle ballade et de vous en faire part « quand je peux et que j’arrive à me motiver ». C’est le cas aujourd’hui.

Nous avons fini par quitter Pulau Wé qui nous aura quand même tenus en otage pendant une semaine. Le rhume de Charlotte ne s’étant pas arrangé il nous était impossible de plonger (une sombre histoire d’égalisation de pression dans les voies aériennes hautes…). Du coup cette île sans plage ni salle de bain perdait beaucoup de son attrait…
Tant pis pour la plongée… nous aurons le temps et tout le loisir de plonger sur d’autres îles aux eaux turquoises.
Le nez toujours pris, Charlotte fut tout de même suffisamment en forme pour affronter les dix-neuf heures de transport en commun (oui c’est long et dur mais faut croire qu’on aime ça…) qui nous séparait de l’endroit où nous nous trouvons actuellement : Bukhit Lawang !
Rien que le nom fait rêver… Littéralement : « Les portes de la Jungle ». Beau, non ?
En gros nous sommes au milieu de Sumatra, dans une petite vallée, entourée de montagne et de volcans plus ou moins en activité…
Cet endroit nous a principalement attiré car il est l’un des derniers au monde où l’on peut encore observer les Orang-outang en liberté dans leur milieu naturel. Orang-outang ça veut dire Homme des forêts. Je vous invite très fortement à aller au Jardin des plantes (c’est soit ça soi Bornéo ou Sumatra…), qui accueille toute une famille de cette espèce, pour comprendre le sens de cette expression. Leurs mains et leurs yeux laissent rarement insensible.
Bref pour moi qui est souvent été au jardin des plantes, l’aventure que nous allons vivre demain s’annonce extrêmement excitante !
Nous partons en effet demain à l’aube pour un treck de deux jours dans la jungle à la rencontre de ces lointains cousins…
Je vous en dirais plus dans la prochaine bulle.
Ce qui est sûr c’est que jusqu’ici (nous sommes arrivés hier midi) ce village ne nous a en rien fait regretté les longues heures de bus où nous étions bercés par le doux son du Karaoké Indonésien poussé a fond…
Une grande rivière traverse le village de part en part. Tantôt rapide, tantôt plus calme et propice a la baignade, elle y apporte une douceur de vivre absolument délicieuse. Les femmes y font la lessive, les enfants y jouent, nous nous y baignons… Plus loin, des jardins soignés contrastent avec les bicoques qu’ils entourent. Les arbres sont en fleurs… et les gens sont adorables. Un petit paradis.
Ce matin nous sommes allés au marché pour voir sentir et découvrir toutes sortes de fruits, légumes, ou poissons que la terre et les rivières d’ici produisent.
Nous en sommes ressortis avec des fruits en pagailles que nous avons dévorés en guise de petit déjeuner … miam !

Vous l’aurez compris … il ne manque ici qu’une chose qui m’aurait sans doute fait rester à jamais : un récif sur lequel plonger !
Si je ne désespère pas de trouver un tel endroit, je profite avec délectation, pour aujourd’hui et les quelques jours à venir, de ce bout de jungle enchanteur…

A bientôt.




dimanche 18 juillet 2010

Perdu sur une piste peu fréquentée de la forêt Sumatraise, je me trouve a gamberger sur le sens de ma vie…
Je me dis que parfois quand on a comme Moi choisi de vivre en dehors des chemins conventionnels, il arrive qu’on se retrouve paumés (en l’occurrence au milieu de cette forêt magnifique).
Où suis-je ? Qu’est ce que je fous ici ? Où est-ce que j’espère aller ensuite ? Et comment diable suis-je arrivé là ?
J’ai alors des coups de déprime à me dire que j’ai bientôt trente an et toujours rien accompli, rien construit de tangible. Que ma vie est vide et que je ne fais rien pour arranger ça… en bref : la lose totale.
Et puis je me retourne sur mon passé et je tente de retracé ces routes alternatives qui m’ont amené au milieu de cette jungle.
Tour a tour étudiant à Paris puis mannequin en Chine, navigateur en Australie, ingénieur à la Défense, Régisseur photo, et pour finir écrivain-plongeur en Asie du Sud-est…
Je réalise que ma vie est faite d’anecdotes parfois complètement délirantes (comme d’avoir participé à une séance de photo nu pour une photographe allemande un peu folle…) et que ça me suffit pour l’instant. Cette somme d’anecdote me donne l’impression d’avoir vécu plusieurs vies, et c’est finalement sans angoisses mais avec une certaine curiosité que je me demande ce quel virage je vais bien pouvoir prendre la prochaine fois.

C’est sans doute à cause de cette profonde introspection que je n’ai pas du tout réalisé que cet orang-outan me fonçait dessus avec un air assez vindicatif…
Seuls les cris du groupe en fuite désordonnée me firent prendre conscience de l’urgence à réagir vite ! Elle n’est plus qu’à un mètre de moi (c’est très proche un mètre…).
Feinte de corps. Gauche. Droite. (Je remercie pour ça ma vie de Basketteur). Puis sprint tout droit dans une direction indéterminé.
Sauvé. Lasse, la bête est remontée dans les arbres, son bébé toujours cramponné sur son ventre.
Je suis sain et sauf et nous pouvons tranquillement reprendre notre treck.
La jungle est dense et profonde, et nous avançons en silence à l’écoute des cris des singes pour tenter de les débusquer. Nous les rencontrerons a plusieurs reprise… naviguant gracieusement de branche en branche, surfant sur la canopée, en osmose totale avec leur milieu naturel. Nous partageons 96,4% de nos gènes avec les Orang-outan… les voir ainsi, nous met face a un miroir peu avantageux. Mais ces moments sont magiques (… et parfois flippant –voir plus haut-).

La première longue journée de marche se termine sur le bord de la rivière, dans un camp de fortune qui nous offre à peine une protection contre la pluie du soir. Mais les guides s’avèrent être aussi d’excellents cuisiniers et c’est une bonne chose car nous mourrons de faim !
Jeux de cartes, tour de magie et histoire drôle… chacun y met du sien en cherchant dans ses souvenirs (parfois lointains…) de colonie de vacances, pour animer la soirée en buvant un bon thé chaud. Mais bien vite les corps demandent à dormir. Nous nous couchons a même le sol, mais la fatigue surmonte l’inconfort et bien vite tout le monde dort.
Le groupe se réveille en douceur, courbaturé de partout, pour découvrir que les guides nous ont préparé des crêpes a la banane et du thé pour bien commencer la journée. Parfait.
Chacun à son rythme, nous faisons une toilette sommaire dans la rivière, et nous préparons à renfiler nos fringues malodorantes et humides pour repartir crapahuter dans la jungle ! Que du bonheur !
Ce deuxième jour de « ballade » ne nous offrira pas de rencontre exceptionnelle, mais toujours des paysages fantastiques. Enfin et pour finir nous rejoignons la rivière pour une descente sportive en rafting que les guides ont construit avec des chambres a air spécialement pour l’occasion… !

A présent il ne nous reste plus qu’a faire sécher nos affaires, boire une bière et profiter de nouveau du calme qu’offre Bukhit Lawang…

A bientôt.

vendredi 21 mai 2010

vendredi 21 mai 2010
Comble du chic.
Tel que vous me lisez (…) je suis assis sur un rocher (qui semble avoir été dessiné pour accueillir mon dos) au beau milieu de la forêt de Fontainebleau.
Nous (mes deux grands frères leurs moitiés et leurs deux quarts à venir) venons de terminer un pic-nic digne des parties de campagne de la cour du roi de France : Une opulence gustative de grande qualité dans un cadre verdoyant. Ne manquaient que les courtisanes faussement effarouchées pour que je m’imagine dans l’Antoinette de Sofia Coppola…

Le ciel aussi bleu qu’hier et le soleil de plus en plus chaud vont finir par mettre à mal toutes mes théories visant à dénigrer le climat hexagonal… mauvaise idée de rentrer en été !
Mais bon… je m’y fais et je dois concéder que je commence doucement à me détendre.

Au loin les claquements secs d’un groupe de cavaliers au pas me renvoient à mes fantasmes Aristocratiques…
Plus loin mais beaucoup plus bruyant, un hélicoptère me ramène âprement vers la réalité (qui n'est pas si dure).

Autres temps autres mœurs… mais je ne peux rejeter toute entière la technologie car sans elle, je ne saurais savourer le plaisir d’écrire ma bulle sur mon petit clavier, un vendredi après midi, au milieu de la forêt de Fontainebleau.

Revenons au Pic-Nic… autant y aller franchement et vous faire le détail des mets présentés à nos papilles :
Jambon a l’os du marché
Tomates certifiées bio du marché
Laitue croquante du marché
Assortiment de Fromage goûtus du marché
Pain tendre et croquant du marché
Saucissons artisanal du marché
Pâté de campagne du marché
…etc.

« Du marché » ça veut dire bon, « bio » ça veut dire cher.

Nous nous sommes régalés et nous avons terminé cette orgie en dégustant des petites fraises délicieusement acidulées.
Une plage, une eau à 31°, un équipement de plongée et ce serait le PA-RA-DIS… ha et n’oublions pas Charlotte aussi qui, sinon, va encore dire que je l’occulte toujours de mes visions de rêve.

Maintenant, à peu prés tout le monde fait la sieste.
Mon hamac pendu entre deux arbres accueille ma belle sœur et le bébé qu’elle a presque fini de fabriquer.

Et bientôt arrive l’heure de rentrer à la maison. Nan parce que la forêt, le retour aux sources, les odeurs, les bruits, etc. c’est sympa mais au bout de quelques heures on fini par s’embêter un peu.

Tout le monde émerge…
Nous quittons ce havre de paix jusqu'à la prochaine fois.

A demain.

jeudi 20 mai 2010

jeudi 20 mai 2010
Dieu que la vie est douce à Fontainebleau…
Un peu chiante certes, mais vraiment douce.
Les oiseaux chantent (sans doute pour se consoler d’être de moins en moins nombreux), les feuilles bruissent doucement et le soleil brille sans qu’aucun nuage ne vienne troubler son action vitalisante.

Néanmoins… et malgré tous les efforts déployés par mère nature pour me rendre la vie plus agréable, je me dois de me plaindre. Bah oui c’est un truc que je fais beaucoup et c’est donc normal que ça transparaisse un peu dans mes bulles.
Je m’ennuie.
Rien ne se fait naturellement pour moi ici.Il faut par exemple que je réfléchisse à « comment » faire du sport.
Il faut que je me pousse à (comme hier) réparer mon vélo qui n’a pas servi depuis dix ans.
Il faut que je retrouve mon bonnet de bain pour aller à la piscine.
…etcPire : j’ai même envisagé de faire des travaux dans la maison de ma mère pour ne pas sombrer dans un néant d’inactivité (dans lequel, rappelons-le tout de même, j’aime à me lover). La différence avec la vie de plongeur sur une ile ensoleillée est tangible. Le sport y est omniprésent. J’ai chaud : je vais nager. Pas besoin de me dire que je dois faire du sport pour ne pas me ramollir, ma vie est sportive et c’est bien plus facile.
Je marche sur la plage : mes mollets et mes fessiers se raffermissent… "naturellement". La crème à 60€ qui me ferait gagner « 2,5cm de tour de cuisse en un mois ! » y est inutile.
Aucun « effort » pour faire du sport.
Aucun effort non plus pour être bronzé. Pas besoin de séances d’UV pour ne pas avoir l’air d’un zombie après l’hiver.

N’oublions pas non plus, que si la vie peut être douce ici (comme aujourd’hui), je suis un des seul à pouvoir en profiter. La grande majorité des gens est enfermée au bureau, occupée a faire des rapports ou des présentations sous PowerPoint pour des managers qui sont beaucoup plus intéressés par ce qui peut se passer sur leur Blackberry… A ceux là je dis d’ailleurs « bon courage ».

Néanmoins (deuxième néanmoins de la bulle pour plus de plaisir !), je note du haut de ma petite perspective personnelle (d’environ 1.91m) que l’état d’esprit des gens est en train de changer. Je note ici ou la des indices d’un retournement de situation. Des soubresauts d’espoir…

Des gens décident par exemple de quitter leur emploi pour partir voyager. D’autres se retrouvant au chômage ne semblent pas pressés de retrouver du travail. Les priorités changent. Le monde n’offrant pas de perspectives exceptionnellement enthousiasmantes (climat, économie, guerre, pollution,…), il me semble que certaines consciences réalisent l’urgence de profiter du peu qui nous reste entre les mains.

Je perçois aussi une envie de rendre les choses plus simples, moins « Mondialisée ». Retourner acheter directement son poulet chez le fermier, pratiquer le troc, ou même faire pousser soi-même ses légumes. L’impression d’avoir été entrainés malgré nous, l’année passée, dans une crise qui a débuté chez les petites banques américaines si lointaines, ne peut que pousser à l’individualisme. Ou tout du moins au repli sur une communauté plus restreinte et aux objectifs communs.
C’est pour moi un retournement presque palpable de la situation mondiale qui est devenue extrêmement bancale. Cela me donne l’impression que chacun, à son échelle, reprend ses billes et tente de se protéger des spéculations inconscientes aux intérêts mercantiles (mot compte triple).
Si vous ne l’avez pas compris : tout ceci m’enthousiasme énormément. Tout n’est peu être pas perdu !
Et puis ça veut dire que les années a venir vont être gorgées de clients en quête (par exemple) d’expériences sous-marines que je serrais ravis de recevoir et d’accompagner ! Vive les Assedics.

A demain.

PS : Un jour je prendrais le temps de reformuler cette bulle dont le fond est intéressant mais dont la forme est plutôt désordonnée… pour le moment, il faudra NEANMOINS vous en contenter !