samedi 21 août 2010

samedi 21 août 2010
La capitale de la province de Sabah s’étant avérée extrêmement pluvieuse… nous sommes partis chercher le soleil à l’Est. Comme c’est de la qu’on le voit arriver tous les matins on s’est dit que c’était une bonne piste.
Un peu au hasard et après avoir éliminé toutes les nombreuses destinations touristiques beaucoup trop chères pour nous, nous avons posé le doigt sur une carte. Sous notre doigt, la plus grosse île de Malaisie : Banggi. Ce qui est frappant c’est que personne ici ne parle de cette île. Et quand nous avons demandé aux gens comment nous y rendre, nous avons eu droit a des réponses du genre : « i don’t know what you want to do in Banggi… » accompagnées de regards septiques.
Tout cela ne fit que nous encourager. Enfin l’occasion de sortir des chemins touristiques balisés !
Le pire c’est qu’il est vraiment facile de se rendre a Banggi : trois heures de bus puis une heure de ferry et voila vous y êtes.
Malgré sa taille, l’île est très peu habitée et un seul hôtel nous attend quand nous débarquons. Nous arrivons à négocier un petit prix pour une chambre simple et propre, équipée d’un ventilateur et dotée d’une salle d’eau. Parfait.
Nous avons le sentiment d’être les seuls touristes sur l’île. Aucun agent pour nous vendre des activités, aucun bar, aucun studio de tatouage, ni aucun salon de massage… rien. Uniquement des gens qui vivent paisiblement leur vie insulaire.
Sur le ferry nous avons rencontré un malais qui travaille pour une fondation qui œuvre en faveur des villages pauvres de Banggi. Il se rend sur l’île pour une cérémonie dans un village qui réunit plusieurs « VIP » pour promouvoir leur action locale autour d’un repas qui viendra casser Le Ramadan à 18h26 précise. L’homme est très sympathique et nous propose de l’accompagner à la petite fête…
Nous acceptons avec plaisir évidemment.

Le soir venu, Charlotte enfile son nikab des grands jours et moi mon pyjama de fête… ou pas. Mais nous faisons quand même de notre mieux pour être présentables sans manquer de respect à cette communauté de musulmans pratiquants.
Nous arrivons à la fête avec les VIPs et sommes traités comme tels. C’est assez embarrassant au début… nous avons du mal à savoir ce que nous faisons là mais nous accrochons un sourire sur nos visages (si si je peux faire ça si il le faut vraiment…) et peu à peu nous nous décrispons.
Après les discours des différents hommes politiques locaux, et les différents dons a la communauté (de l’argent à certaines familles, un générateur pour la mosquée, un exemplaire du coran dédicacé par Moïse* pour l’imam, et des tapis de prière en fibre de lamas**), il est enfin l’heure de manger !
Ca tombe bien nous mourrons de faim car a l’instar des autres participants au repas nous n’avons pas mangé depuis le matin !
Nous nous régalons mais soudain et au bout de cinq petites minutes de festin seulement, tous se lèvent et désertent la salle pour aller prier à la mosquée.
Ne restent donc plus que nous, les plats encore bien garnis, et les enfants. Ces derniers sont d’abord très timides puis très curieux de nous. Chacun veut sa place autour de nous, tous sont habillés en costumes de fête, et tous tentent de pratiquer leur maigre anglais. C’est un moment d’échange simple où se mêlent incompréhensions délicieuse et rires d’enfants qui semblent ne jamais vouloir s’arrêter.
Les hommes finissent par revenir de la prière (après au moins deux heures) avec un air tout a fait détendu qui me fais développer une certaine théorie quand a la teneur des dîtes prières… A mon avis une fois les portes fermés c’est l’orgie de bibine locale et de karaoké. Mais cela n'engage que moi.
Nous rentrons à l’hôtel content d’avoir vécu cette immersion dans la vie festive de ce petit village et nous nous endormons en savourant de n’avoir rien eu a payé pour le faire. Attention, ce n’est pas tellement une question d’argent, c’est surtout que dés lors que l’on paye pour aller dans un village « typique » cela perd pour moi toute saveur… mais il est vrai que parfois et a défaut de rencontres, il est intéressant de le faire. Si vous ne me suivez plus ce n’est pas grave, moi je vois très bien ce que je veux dire.

Cette île commence doucement à nous livrer son secret et nous comprenons petit a petit pourquoi personne n’en parle : en gros le gouvernement pilote ici un vaste programme de développement a grande échelle. Education, logement, routes, électricité et accès à l’eau, sont en « cours » de mise en place pour permettre, a terme, de développer le tourisme de masse que nous aimons tant.
Faut imaginer ça comme les « Sims en Malaisie »…

Aujourd’hui nous avons traversée le bras de mer qui sépare Banggi d’une toute petite île qui fait face a notre hôtel, et après une grosse demi-heure de nage angoissée par la possible présence de requins marteaux…. (Nan mais vraiment, c’est angoissant !) nous sommes arrivés sur une plage magnifique et totalement isolée. Le pied. J’y ai évidemment construit une cabane afin de marquer ici aussi la supériorité de l’homme sur la nature.
Nous avons eu tout le loisir de nager autour. Et là c’est plutôt la consternation… nous découvrons des fonds saccagés. La pêche a la dynamite est ici monnaie courante et ça se voit. Il y a aussi le corail qui blanchi partout a cause de la montée des températures (l’eau est au moins a 32° !)…
Et surtout, mais nous avions fait ce constat dès notre arrivée, les rivages sont recouverts d’immondices. Des bouteilles par milliers, des sacs en plastiques, des chaussures, des fringues, des filets, des plaques de taule ondulée, des emballages en tous genres,… ignoble et puant.

Si bien que nous nous faisons la réflexion que le tourisme a pour bénéfice d’apporter la conscience des effets de la pollution à la population locale. Si le tourisme se développe un jour ici il faudra que les autochtones apprennent à ne plus jeter à la mer, apprennent à nettoyer les plages car contrairement a l’idée répandue ce ne sont pas les touristes qui jettent leur ordure partout mais bien les locaux. Culturellement cela s’explique simplement par le fait qu’auparavant ce qu’ils jetaient se résumait principalement à des déchets végétaux ou alimentaires. Maintenant tout est plastique. Malheureusement les habitudes n’ont pas changées et l’on continue à tout jeter à la mer. Sauf dans les endroits qui ont une motivation à rester propres : là où les touristes viennent en masse. Si le sujet vous intéresse, je vous invite tous à ma prochaine conférence qui a pour titre « La pression touristique comme moteur de la sauvegarde de l’environnement » et qui se tiendra dans le bar La Salangane, dans le petit village d’El Nido, sur l’île de Palawan aux Philippine. Pour ceux qui sont un peu lent, il s’agit de notre prochaine destination mais surtout du bar de mon frangin ! Dans une semaine fini le Ramadan !!! Youhou !!! Hahahahaha !!! Hummm … hm… pardon.

A bientôt.

* Je suis pas sûr a 100% pour celui-là… peut-être un problème d’interprète…
** pas bien sûr non plus…

2 commentaires:

  1. tain je em suis bien poilee la ahahahah
    viens au japon prendre une lecon de proprete c ets juste immenesement admirable leur art du tri, de ne rien jeter et de ramasser ce qu un idiot de touriste aurait jete et c ets sans dire la pollution de l air, les fumeurs dans un coin n ont pas le droit de marcher, pas de telephone en sonnerie pas le droit d appeler dans le metro et le train...si suelement ils inventaient le boyton off sur les gosses qui hurlent car apres 10h de train pour rentrer du volcan Aso que nous avons gravi (et ui jme la pete au passage) j ai cru que j allais en tuer un ( de gosse)

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  2. cha a vraiment achete un nikab???

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