jeudi 26 août 2010

vendredi 27 août 2010

Grève de Bulle...
Aucun commentaire sur mes deux derniers longs et passionnants messages.

JE BOUDE.

A bientôt.

samedi 21 août 2010

samedi 21 août 2010
La capitale de la province de Sabah s’étant avérée extrêmement pluvieuse… nous sommes partis chercher le soleil à l’Est. Comme c’est de la qu’on le voit arriver tous les matins on s’est dit que c’était une bonne piste.
Un peu au hasard et après avoir éliminé toutes les nombreuses destinations touristiques beaucoup trop chères pour nous, nous avons posé le doigt sur une carte. Sous notre doigt, la plus grosse île de Malaisie : Banggi. Ce qui est frappant c’est que personne ici ne parle de cette île. Et quand nous avons demandé aux gens comment nous y rendre, nous avons eu droit a des réponses du genre : « i don’t know what you want to do in Banggi… » accompagnées de regards septiques.
Tout cela ne fit que nous encourager. Enfin l’occasion de sortir des chemins touristiques balisés !
Le pire c’est qu’il est vraiment facile de se rendre a Banggi : trois heures de bus puis une heure de ferry et voila vous y êtes.
Malgré sa taille, l’île est très peu habitée et un seul hôtel nous attend quand nous débarquons. Nous arrivons à négocier un petit prix pour une chambre simple et propre, équipée d’un ventilateur et dotée d’une salle d’eau. Parfait.
Nous avons le sentiment d’être les seuls touristes sur l’île. Aucun agent pour nous vendre des activités, aucun bar, aucun studio de tatouage, ni aucun salon de massage… rien. Uniquement des gens qui vivent paisiblement leur vie insulaire.
Sur le ferry nous avons rencontré un malais qui travaille pour une fondation qui œuvre en faveur des villages pauvres de Banggi. Il se rend sur l’île pour une cérémonie dans un village qui réunit plusieurs « VIP » pour promouvoir leur action locale autour d’un repas qui viendra casser Le Ramadan à 18h26 précise. L’homme est très sympathique et nous propose de l’accompagner à la petite fête…
Nous acceptons avec plaisir évidemment.

Le soir venu, Charlotte enfile son nikab des grands jours et moi mon pyjama de fête… ou pas. Mais nous faisons quand même de notre mieux pour être présentables sans manquer de respect à cette communauté de musulmans pratiquants.
Nous arrivons à la fête avec les VIPs et sommes traités comme tels. C’est assez embarrassant au début… nous avons du mal à savoir ce que nous faisons là mais nous accrochons un sourire sur nos visages (si si je peux faire ça si il le faut vraiment…) et peu à peu nous nous décrispons.
Après les discours des différents hommes politiques locaux, et les différents dons a la communauté (de l’argent à certaines familles, un générateur pour la mosquée, un exemplaire du coran dédicacé par Moïse* pour l’imam, et des tapis de prière en fibre de lamas**), il est enfin l’heure de manger !
Ca tombe bien nous mourrons de faim car a l’instar des autres participants au repas nous n’avons pas mangé depuis le matin !
Nous nous régalons mais soudain et au bout de cinq petites minutes de festin seulement, tous se lèvent et désertent la salle pour aller prier à la mosquée.
Ne restent donc plus que nous, les plats encore bien garnis, et les enfants. Ces derniers sont d’abord très timides puis très curieux de nous. Chacun veut sa place autour de nous, tous sont habillés en costumes de fête, et tous tentent de pratiquer leur maigre anglais. C’est un moment d’échange simple où se mêlent incompréhensions délicieuse et rires d’enfants qui semblent ne jamais vouloir s’arrêter.
Les hommes finissent par revenir de la prière (après au moins deux heures) avec un air tout a fait détendu qui me fais développer une certaine théorie quand a la teneur des dîtes prières… A mon avis une fois les portes fermés c’est l’orgie de bibine locale et de karaoké. Mais cela n'engage que moi.
Nous rentrons à l’hôtel content d’avoir vécu cette immersion dans la vie festive de ce petit village et nous nous endormons en savourant de n’avoir rien eu a payé pour le faire. Attention, ce n’est pas tellement une question d’argent, c’est surtout que dés lors que l’on paye pour aller dans un village « typique » cela perd pour moi toute saveur… mais il est vrai que parfois et a défaut de rencontres, il est intéressant de le faire. Si vous ne me suivez plus ce n’est pas grave, moi je vois très bien ce que je veux dire.

Cette île commence doucement à nous livrer son secret et nous comprenons petit a petit pourquoi personne n’en parle : en gros le gouvernement pilote ici un vaste programme de développement a grande échelle. Education, logement, routes, électricité et accès à l’eau, sont en « cours » de mise en place pour permettre, a terme, de développer le tourisme de masse que nous aimons tant.
Faut imaginer ça comme les « Sims en Malaisie »…

Aujourd’hui nous avons traversée le bras de mer qui sépare Banggi d’une toute petite île qui fait face a notre hôtel, et après une grosse demi-heure de nage angoissée par la possible présence de requins marteaux…. (Nan mais vraiment, c’est angoissant !) nous sommes arrivés sur une plage magnifique et totalement isolée. Le pied. J’y ai évidemment construit une cabane afin de marquer ici aussi la supériorité de l’homme sur la nature.
Nous avons eu tout le loisir de nager autour. Et là c’est plutôt la consternation… nous découvrons des fonds saccagés. La pêche a la dynamite est ici monnaie courante et ça se voit. Il y a aussi le corail qui blanchi partout a cause de la montée des températures (l’eau est au moins a 32° !)…
Et surtout, mais nous avions fait ce constat dès notre arrivée, les rivages sont recouverts d’immondices. Des bouteilles par milliers, des sacs en plastiques, des chaussures, des fringues, des filets, des plaques de taule ondulée, des emballages en tous genres,… ignoble et puant.

Si bien que nous nous faisons la réflexion que le tourisme a pour bénéfice d’apporter la conscience des effets de la pollution à la population locale. Si le tourisme se développe un jour ici il faudra que les autochtones apprennent à ne plus jeter à la mer, apprennent à nettoyer les plages car contrairement a l’idée répandue ce ne sont pas les touristes qui jettent leur ordure partout mais bien les locaux. Culturellement cela s’explique simplement par le fait qu’auparavant ce qu’ils jetaient se résumait principalement à des déchets végétaux ou alimentaires. Maintenant tout est plastique. Malheureusement les habitudes n’ont pas changées et l’on continue à tout jeter à la mer. Sauf dans les endroits qui ont une motivation à rester propres : là où les touristes viennent en masse. Si le sujet vous intéresse, je vous invite tous à ma prochaine conférence qui a pour titre « La pression touristique comme moteur de la sauvegarde de l’environnement » et qui se tiendra dans le bar La Salangane, dans le petit village d’El Nido, sur l’île de Palawan aux Philippine. Pour ceux qui sont un peu lent, il s’agit de notre prochaine destination mais surtout du bar de mon frangin ! Dans une semaine fini le Ramadan !!! Youhou !!! Hahahahaha !!! Hummm … hm… pardon.

A bientôt.

* Je suis pas sûr a 100% pour celui-là… peut-être un problème d’interprète…
** pas bien sûr non plus…

mardi 17 août 2010

mardi 17 août 2010
Une semaine de bateau et me voila un peu bancale sur la terre ferme ! Je tangue dés que je ne marche pas…
Heureusement je n’ai pas vraiment eu le loisir de rester debout à ne rien faire. Nous avons débarqué du MV Queen Scuba dimanche vers 10am après une longue nuit de navigation houleuse, et les choses se sont enchaînées jusqu'à aujourd’hui :
Liliane qui nous avait invité à dormir chez elle le dimanche soir est finalement partie à Jakarta… et nous avons donc dû trouver un hôtel miteux et cher prés de la fameuse (Dieu seul sait pourquoi…) plage de Kuta.

Nous occupâmes nos dernières heures de temps libre à Bali en allant nous baigner le plus au sud possible de Kuta (quasiment sous la piste de l’aéroport…) où les vagues sont si loin de la plage que les surfeurs utilisent des taxi boat pour se faire déposer au « pit » (terme technique que les surfeurs utilisent pour designer l’endroit précis où le dît surfeur doit se trouver pour… surfer… enfin je crois). Ce dernier bain de soleil balinais pris, nous partîmes pour une ballade dans les rues touristiques de la ville : bar, échoppe de souvenirs, bureaux de change, studio de tattoo,…etc. Et pour finir cette ballade nous achetâmes deux bières et des cahuètes que nous partageâmes sur la plage en appréciant le sublime coucher de soleil… tout comme une dizaine de milliers d’autres touristes.

Un petit restaurant de rue pour clore la journée et nous voici de retour à l’hôtel pour une nuit de quelques heures seulement, notre vol pour Bornéo (via Singapour et son Burger King !!!) décollant à 6am le lendemain. Ou plutôt 8am si l'on considère les deux heures de retard constatées…

Blablabla…
Nous sommes donc à Bornéo. Nous avons trouvé un hôtel sans trop de difficulté et nous essayons de trouver des choses à faire dans cet extrême orient bornéesque. Pour l’instant nos recherches se concentrent sur les sites de plongée (dont Sipadan passant pour être l’un des meilleurs du monde) mais nous explorons tranquillement toutes les possibilités. Notons tout de même que « nos » possibilités sont grandement réduites par notre budget qui a pris une méga claque la semaine dernière (aucun regret cela dit !).
De plus il faut compter avec une limite de temps : notre avion pour les Philippines décolle dans une semaine. Bientôt nous serons donc a Manille… ville mythique qui m’évoque des scènes de pirates tatoués en quêtes de putains, de bagnards alcoolisés, ou encore de fiers colons espagnols sans doute également en quête putains exotiques… tout un programme. Pour ma part je me contenterai de l’exotisme… je laisse le sexe rémunéré a d’autres (surtout pour ne pas subir les foudres de Charlotte…).

Voila pour l’évocation… on verra comment se déroule la confrontation ! (Ne soyez cependant pas trop inquiets, je suis conscient que le manille que je décris ne se retrouve aujourd’hui que dans les décors de « Pirates des Caraïbes » à Eurodisney… mais on a le droit de rêver non ?)

A bientôt.

PS : D’une bulle à l’autre je n’ai pas eu le temps de décrire la fin de notre merveilleuse croisière… sachez juste que nous avons eu la chance d’observer de majestueuses raies mantas de quatre ou cinq mètres d’envergure qui volèrent au dessus de nous en happant des kilos de plancton ! Inoubliables… comme tout le reste de cette semaine d’ailleurs.

samedi 14 août 2010

mercredi 11 août 2010

Fini la violence… la sérénité des fonds sous marins m’a réconcilié avec le monde.
Cela fait trois jours que nous naviguons sur le MV Queen Scuba. Le bateau est luxueux. Tout y est fait pour rendre nos plongées agréables :
Une équipe dédiée, prête à se plier en quatre pour exaucer nos moindres caprices.
Nous sortons minimum trois fois par jour, la norme tendant plutôt vers quatre plongées quotidiennes. Ceux qui plongent savent combien cela peut être fatigant. Les autres devront encore une fois me croire sur parole.
Pourtant, et même si nous sommes fatigués, tout est vraiment bien pensé pour que nous vivions ces sept jours de la meilleure façon possible !
Chaque plongée est précédée d’un briefing complet, détaillé, et illustré dans le salon du pont supérieur… (Chic non ?), puis nous enfilons nos équipements sur la large plateforme « de décollage ». Vient ensuite le moment de vérifier la composition de notre air… hein ?! … alors… comment expliquer simplement … j’ai déjà dit que nous plongeons quatre fois par jour… notre corps doit éliminer tout l’azote que nous accumulons pendant chaque plongée (tout le monde suit ?) … ce processus demande de l’énergie a notre organisme … d’ordinaire les plongeurs plongent avec de l’air « normal » (composé en gros a 21% d’Origène et 79% d’azote) …. Nous avons de notre coté choisi de respirer de l’air « enrichi en oxygène » (soit composé d’environ 33% d’oxygène) … l’azote à éliminer est donc clairement moindre et nos organisme s’en débarrasse plus vite… donc moins de fatigue ! Ce processus couplé à l’effet dopant de l’oxygène concentré nous permet de plonger quatre fois par jour tous les jours pendant uns semaine…
Fini pour la théorie…
Les repas sont excellents (la cuisinière est Thaï), les cabines climatisées sont toutes dotées de douches chaudes qui nous réchauffent agréablement après chaque plongée, le grand lit est moelleux à souhait… le comble du luxe est certainement d’avoir un membre de l’équipage qui nous tend une serviette chaude quand nous rentrons d’une plongée nocturne… exquise sensation… !
Tout cela bien sur n’est qu’accessoire… presque superflus… mais tellement agréable qu’on aurait du mal a sans passer. Bref le plus important dans tout ça c’est bien sûr ce qui se passe sous l’eau.
Ici aussi, le spectacle est à la hauteur. L’encadrement est suffisamment léger pour nous laisser vaquer a nos intérêt divergeant : certains adoreront passer des heures a éplucher les dentelles de coraux a la recherche d’hippocampes microscopique (« pygmées » !) quand d’autres ne pensent qu’a prendre la meilleurs des photos de paysage aux couleurs qui feraient se damner le plus extravagant des peintres impressionnistes (qui doit bien avoir un nom mais je n’ai pas peur d’étaler ici mon manque cruel de culture peintalistique..).
Des photos seraient sans doute plus parlantes mais bon il faudra vous contenter d’imaginer ce que nous avons la chance de contempler trois a quatre heures par jour pendant cette semaine… je peux entre autre vous décrire les paysages incroyablement colorés des plongée qui entourent une île volcanique : Le sable y est noir… duquel s’échappent continuellement des bulles qui prouve l’activité du volcan tout proche… la moindre couleur prend un teinte fluorescente tranchant avec ce sable foncé et les couleurs ne sont pas des moindre, c’est un festival… des coraux de toutes formes se dressent, se gonflent, dégoulinent, grimpent, et s’exposent !
Voila pour le décor… quand aux acteurs… la nature n’a pas de limite et nous croisons les créatures les plus invraisemblables du monde : du poisson grenouille (« frog fish » qui ne sait pas nager mais peut avaler de l’eau qu’il expulse par ses « pattes » pour se propulser ( !?!) et ne ressemble a rien que vous puissiez imaginer), aux pieuvres de toutes sorte qui sont capable de changer de forme et de couleur en un clin d’œil en fonction de leur humeurs, en passant par les mystérieux « star gazer » qui tiennent plus du fossile que du poisson vivant…
Nous avons la chance d’être les témoins privilégiés d’un monde et d’une vie incroyablement riche (je pourrais vous dire aussi a quel point ce monde est fragile mais bon je pense que c’est foutu de toutes façons donc je me contente d’en profiter a fond tant que Total et BP n’ont pas encore tout détruit… et puis du coup je l’ai quand même un peu dit ! Hop je me paye même une conscience écolo !).
Les plongées de jours sont époustouflantes.
Les plongées de nuits sont jouissives et mystérieuses.

Rien ne nous a déçu jusqu'à présent. Et je pourrais sans doute continuer à décrire notre émerveillement enfantin pendant des heures si mes yeux ne se fermaient pas déjà depuis une bonne demi-heure. Les lignes se croisent et les fautes de frappe s’accumulent… il est grand temps de quitter le solarium étoilé et de rejoindre ma douce cabine pour une nuit que je sais d’avance trop courte !

A bientôt !

vendredi 6 août 2010

jeudi 5 août 2010

Toujours chez Liliane… encore deux jours avant le grand départ pour notre croisière grand luxe ! En attendant je vous propose une analyse poussée de mes humeurs parfois détestables…

Aujourd’hui fut une des mes mauvaises journées. Mes mauvaises journées sont de plus en plus fréquentes… et rendent la vie des gens qui m’entourent relativement moins sympathique.
Une journée comme celle–ci se construit doucement et met généralement plusieurs mois avant d’éclore spontanément alors qu’on ne l’attendait plus forcement.
Une journée comme ça est le résultat de nombreuses frustrations, colères ravalées, déceptions silencieuses, ou énervements ponctuels… cette somme d’événements souvent anodins (mais pas que…) me pousse doucement mais surement vers cet état d’enfermement et d’énervement permanent.
Cette journée décide de s’afficher au grand jour car elle ne peut plus se cacher derrière mon visage impassible. Cette journée déborde de rage et chaque nouvelle contrariété devient alors une raison de partir en guerre contre le monde entier, et ce, sous n’importe quel prétexte.
Tout le monde a déjà vécu cette journée.

S’il me faut être honnête dans ces bulles alors je dois avouer que dans mon cas ces journées reviennent bien trop souvent tendant même parfois à devenir la norme de mon quotidien.

Je peste intérieurement de n’être pas capable de surmonter cette colère. Je le tente de façon éphémère a grand renfort de mièvrerie feinte mais personne n’est dupe et le mirage s’efface bien vite, laissant réapparaitre le monstre que je tentais de museler.

Pour moi cette journée peut durer des semaines.
A part moi, je fais évidemment souffrir ceux qui m’aiment et dont je tente alors de m’éloigner à tout prix pour ne pas qu’ils découvrent mon Hyde. Et au final à bout de tout je fini par ne plus rien laisser passer.
Je ne supporte plus rien : Le vent, les gens, le bruit, les enfants, les désagréments en tout genre,… comme si je me retrouvais en train d’accorder un piano au milieu d’une fête foraine.
Mes dernières montées de colère se sont plutôt mal finies pour ceux qui n’ont pas su avoir le discernement suffisant pour ne pas m’importuner.
Rien ne passe. Mais je laisse tout de même toujours à l’intéressé, une chance de s’excuser :
« T’es vraiment sur de pas vouloir t’excuser ? « Connard » c’est un peu fort non ? »
« Moi tu m’encules ? »
« Qui tu traite de tête de con ?? »
En voila trois qui doivent regretter d’avoir croisé ma route pendant mes mauvaises semaines. (Appréciez ici mon sens inné de la repartie !)
Je suis sur le fil.
Mes muscles sont crispés en permanence. Compressés tels les ressorts d’un percuteur, n’attendant qu’une minuscule pression sur la détente pour se libérer.
Jusqu’ici chaque explosion n’aura couté qu’une ou deux belles cicatrices ou/et un nez cassé. Mais qui sait jusqu’ou Hyde pourrait aller, voir même sûr qui il pourrait tomber (en Asie un Bruce Lee peut se cacher derrière n’importe quel Pékin…) et je ne suis pas incassable. Seulement, je n’ai, durant ces moments de débordement, aucun contrôle sur moi-même.
Cela reste à ce jour le seul moyen que j’ai de calmer mon « Dark passenger ». De faire descendre la pression.

Vous vous demandez sans doute comment je peux me trouver dans cet état d’âme alors que je suis à Bali. Et bien je n’en sais rien.
J’ai bien deux trois indices : Je sais que nous piétinons dans ce pays où nous se savons où aller. Je sais que nous sommes en attente d’une croisière exceptionnelle et que les journées qui nous en séparent sont longues et ennuyeuses. Je sais que je n’arrive pas à savoir où je veux aller après. Je ne sais pas quoi faire ni ce dont j’ai envie. Je sais que mes gens me manquent, les vivants comme le grand Absent.
Le pire… c’est que de n’être pas heureux ici, me rend encore plus furieux.

Sinon, à part exploser le nez d’inconnus peu délicats envers ma personne, je trouve parfois un peu de sérénité dans les bras des femmes de vie, ceux de mes frères et de mes amis, dans la musique un peu (que je ne sais malheureusement qu’écouter…), et puis innovation de ce soir : dans l’écriture.
Décrire mon malaise le rend ridicule. Commun. Ma cage thoracique se délie un peu. Je respire mieux. Mon baume du tigre personnel serait l’écriture ?
Hulk ne sortira pas ce soir. Il restera enfermé dans cette bulle… comme les méchants dans Superman III, enfermés pour l’éternité dans des sortes de miroirs qui tournoient indéfiniment dans le vide intersidéral. Si vous n’avez pas cette référence c’est que vous êtes trop jeunes… ou trop vieux… ou pas du tout cinéphile.

Au bout du compte je suis fatigué de tenir ce tigre en laisse. Las. Epuisé de contrôler sans cesse. Contenir à tout prix. Et puis je ne retiens pas seulement les excès de colères. Je retiens tout : Joie, petits bonheurs, rires, etc. Rien ne sort de ma camisole.

Au lieu d’inconnus je voudrais me frapper moi-même et combattre les démons qui me hantent… ceux là même que les peintures Balinaises représentent si bien.

Si seulement je dormais bien… je pourrais chaque matin me lever serein, emprunt d’une nouvelle force, d’un nouveau sang comme on dit au Yoga, pour affronter ce qui me ronge. Voila donc sans doute un bout de conclusion, de cause et d’effet :
Le manque de sommeil me pousse à bout. C’est d’un banal finalement. La privation de sommeil rend fou n’importe qui.

Et donc mon état ne serait alors dû qu’à une raison première et triviale : le lit de la chambre d’amis de Liliane. L'horreur... une apologie de l'Inconfort. Un sommier creusé dont le cadre scie mes jambes trop grandes, et qui est, sous le drap, recouvert de l’emballage plastique d’origine (bienvenu en Asie !).
Comme quoi parfois il vaut mieux se méfier des cadeaux du destin. Liliane nous a accueilli avec tant de bonté qu’il est difficile de se plaindre de quoi que ce soit… Mais songez à tous ces maux que j’ai décris plus haut… ne seraient-ils pas déjà effacés depuis une semaine si nous avions simplement quitté Bali ?
Avant de (tenter de) dormir le soir de notre arrivée chez Liliane, j’avais prié brièvement pour remercier mon étoile de m’avoir offert cette opportunité… et j’avais aussi demandé qu’elle en serait le prix. Tout vient avec un prix dit le catholique qui sommeil en moi. Finalement mon monde tourne rond et mes valeurs sont respectés. J’ai payé le prix de ma chance. Me voila rassuré. Serein. Calmé.

Sauf que…
Il est 1h du matin et que derrière la porte qui me fait face m’attend mon pire ennemi, le, désormais démasqué, lit pourri de la chambre d’ami de Liliane...

A bientôt.

PS : voila bien longtemps qu’une bulle n’avait pas été si personnelle, je me le permets seulement parce que c’est les vacances et que personne ne me lit vraiment… ! Sinon… MANIFESTEZ VOTRE RAGE et commentez avec ardeur !

mercredi 4 août 2010

mardi 3 août 2010

Bon…
Nous sommes toujours chez Liliane. Nous avons été rejoins par deux autres voyageurs qu’elle a rencontrés au Népal et qui profite comme nous de son hospitalité. L’ambiance est sympa et nous avons enfin des gens avec qui partager nos apéros quotidiens.
Hier, Liliane nous a trouvé un chauffeur qui nous a conduit dans « le centre culturel » de Bali : Ubud… C’est en réalité, et comme d’habitude, un grand nom pour un lieu où le touriste est soumis à la charge permanente de plusieurs vendeurs qui vendent tout et n’importe quoi.
Mais au moins les rues sont propres et charmantes, tandis que le trafic est plus calme que vers « le centre hotelistique » de l’île.
Nous occupons notre matinée dans un temple hindouiste où les singes règnent en maitres et sont révérés comme des divinités. Ainsi des dizaines de macaque nous accompagne prêts a recevoir (ou a voler) le moindre aliment ou la moindre boisson que nous pourrions sortir de nos sacs… Si ce n’était pour le billet d’entrée trop cher (et visiblement pas vraiment officiel…) je dirais volontiers que ce temple vaut le détour. La spiritualité de l’endroit est bel et bien vivante et le décor de jungle tropicale donne un brin de mystère à l’atmosphère que l’on pénètre.
Nous déjeunons rapidement et plutôt mal dans un restaurant bien trop cher pour notre bourse et marchons ensuite un peu dans les rues de la ville. Galeries, magasins, hôtels et restaurants se suivent et se ressemblent… et puis voila… rien d’autre à ajouter sur Ubud.

Nous reprenons ensuite la voiture pour aller observer les « champs de riz en terrasses » que Charlotte tenait tant à voir.
A notre grand désespoir, Lilian dirige notre chauffeur vers LE spot touristique d’observation des dites terrasses…
Nous nous y baladons quand même un peu et tachons d’ignorer la bordure de restaurant qui les entoure. Y faire des photos est un réel exercice de style : nous essayons toujours de n’avoir dans nos cadrages que du pur naturel. L’idée étant de faire croire aux gens qui s’y intéresseront (en gros ma grand-mère, et les trois lecteurs assidus de ces bulles que j’ai déjà cités précédemment…) que nous sommes seuls au milieu de ces rizières vert pomme… Mais l’opération est parfois trop difficile et il nous faut nous rendre à l’évidence : un passage sous Photoshop sera nécessaire pour gommer les vingt-cinq japonais ou les trois gros allemands (qui étrangement prennent autant de place sur la photo…) qui gâchent notre arrière plan.

A la fin de la journée nous sommes heureux de pouvoir rayer Ubud et les terrasses de notre liste de chose à faire à Bali.
Bilan depuis notre arrivée :

X Surfer sur la grosse plage à touristes
X Aller à la messe
X Visiter le Art Center
X Visiter les rizières
X Visiter Ubud

Pas si pire finalement…
Mais le gros point noir de l’histoire est le manque total de plongée dans ce bilan… Le prix est exorbitant et (nous le tenons de la bouche même d’un instructeur) les fonds sur-fréquentés. On atteint parfois les 60 plongeurs sur un même site, à guetter des raies mantas qui ne viendront sans doute jamais vu l’affluence… le tout pour 150€ les deux plongées…

Nous avons longuement réfléchi quand à l’utilité de persévérer dans notre découverte de l’Indonésie. Le ratio plaisir/argent dépensé est loin de combler nos espérances… Mais d’un autre coté les plongées sont censées être fantastiques.

Au bout du compte et après de longues et ennuyeuses recherches via internet… nous avons trouvé une croisière hors de prix (après de dures négociations 1240 € par personne) sur un bateau de plongée pour sept jours à compter du dimanche 8 aout.
Notre logique :
Quitte à dépenser beaucoup, autant se faire vraiment plaisir en plongeant trois fois par jour et, en faisant d’une pierre deux coups, visiter les îles de Komodo et de Flores qui refusent de nous accueillir à des prix décents.

Je pense qu’ensuite nous pourrons quitter ce pays sans trop de regret. Et puis qui sait… ? Il est possible (même si j’en doute beaucoup aujourd’hui…) que cela nous remotive et nous pousse à persévérer dans ce voyage.
Il est quand même bien plus probable que nos pas se dirigent vers la Malaisie, la Thaïlande (que nous chérissons tant !!!) ou encore directement vers les Philippines.

Aujourd’hui nous n’avons rien de prévu et pas de voiture pour bouger… Paul et Sophie (les deux autres scouateurs) ont suggéré un massage dans un spa voisin… j’ai dit « pourquoi pas »… A voir donc !

Nous attendons maintenant Dimanche et le départ de notre croisière avec impatience… d’ici la les journées risquent d’être bien longues !

A bientôt.

lundi 2 août 2010

samedi 31 juillet 2010
Depuis que nous nous sommes installés chez Liliane notre rythme de vie a sérieusement ralenti. Nous nous laissons doucement porter depuis trois jours… Les tarifs des activités touristiques nous ont sans doute un peu assommés et nous nous contentons de découvrir Bali en fonction des allers et venus de notre hôte.
Le premier jour nous l’avons ainsi accompagnée à un cours de Yoga matinal (levé à 6h…) sur la plage de Sanur. Il s’agit de la plage chic des alentours de Denpasar, bordée d’hôtels luxueux et de piscines à débordement…
Nous nous sommes donc contorsionnés pendant deux heures devant le soleil qui se levait. Et je dois ici faire un mea culpa pour toutes les fois où j’ai pu me moquer des gens qui prétendent que le yoga est un sport… (Oui j’ai fait ça…) mea culpa donc car en effet, nous avons beaucoup transpirés et nous avons depuis de sérieuses courbatures ! Le yoga c’est dur !
Cet énergique début de journée fut suivi par un déjeuner exclusivement végétarien (haaaaaaaa…) lui-même suivi d’une sieste aux allures de deuxième nuit… nous avions du retard.

Les deux jours d’après n’ont vu que peu d’activités distillées dans de longues journées de… hum… bah disons de « réflexion » quand a la suite de notre programme.
Ainsi nous avons visité le Art-Center de Bali qui ne semble intéresser que nous… le reste des touristes doit sans doute préférer le saut a l’élastique sur la plage de Kuta… (Kuta c’est St Trop’, Phuket et Lacanau réunis sur cinq kilomètres de plage bondés, avis aux amateurs…)
C’est donc absolument tranquilles que nous avons pu découvrir les subtilités des arts balinais. Je garderai en mémoire la finesse ultime des sculptures/gravures sur bois et ivoire. Splendide.
Et puis voila… c’est à peu prés tout pour cette journée.
La suivante est un peu plus chargée puisque nous commençons par accompagner Liliane à la messe. Liliane fait parti de l’église adventiste (en gros c’est des Chrétiens protestants qui ont découvert que le jour du seigneur c’est pas le dimanche mais le samedi… un jour avant… avant/adventiste… yen a encore qui ont pas compris ? Adrien c’est bon ? Vesna ? Samia ? … et voila j’ai fait le tour de mes lecteurs en ces difficiles mois de vacances…).
Après le service, toute la communauté se retrouve autour d’un repas typiquement Balinais qui nous permet de gouter les saveurs pimentées de la région. Ce repas convivial est aussi pour l’occasion de rencontrer Franklin.
Ce balinais aux allures de néozélandais a vécu et travaillé plusieurs années en Californie (pour un boite de pub) avant de décider que la vie était plus sympa au soleil… (C’est pas moi qui le dit pour une fois).
Franklin est un surfeur… qui aime apprendre aux autres à surfer…
Vous voyez ou je veux en venir ?
L’après midi même nous le retrouvons pour notre première leçon de surf ! (Je dis première mais en réalité pour moi il s’agit d’une redécouverte après quinze ans de non-pratique…)
Et nous sommes fiers de pouvoir dire ce soir que nous avons tous les deux surfé à Bali… Oui, oui : « surfé », debout sur la planche, poussés par la vague, le vent dans les cheveux, et tout et tout ! Pas encore complètement avec le style adéquat mais c’est quand même la classe suprême !
Merci Franklin.
Nous sommes ensuite allé diner tous ensemble dans un restaurant chic (ouch le budget…vingt euros pour trois… vous ne pouvez pas comprendre…) super sympa et assez bon pour faire passer la note en douceur.

Voila pour aujourd’hui…
Nous tachons d’organiser la suite de notre périple avec soin mais le cocktail entre plongée/volcans/budget/temps/…Etc. est difficile à ajuster. Liliane voudrait nous voir rester toute la vie… nous avons donc encore quelques jours pour nous décider et finir de faire ce que nous voulons faire a Bali (en gros les plages du sud, quelques temples et les champs de riz en terrasses du centre de l’île…).

Pour le moment… je vais reposer mes bras de surfeur trentenaire et rouillé.

A bientôt.