vendredi 9 juillet
Par où commencer …. ?
Un grand « Bonjour » d’abord pour assurer un minimum de cordialité.
Un petit résumé de la situation ensuite pour combler un long mois d’absence bullaire :
Je pourrais sans doute synthétiser ces deux mois à Fontainebleau par ces deux mots : « sept kilos ». Mais je sens bien qu’il vous en faut plus (mais pas trop non plus hein…).
Sept kilos donc c’est quoi ? … hé bien plusieurs choses :
Deux petites choses toutes mignonnes qui doivent s’y mettre à deux pour totaliser ce score : Eneko et Ninon, fils et fille de mes grands frères. Bravo à eux et aussi aux mamans pour les livraisons. Me voila double tonton.
Sept kilos c’est aussi environ ce que nous avons pris (les mauvaises langues diraient chacun, je vais me contenter de laisser planer le doute…) en mangeant chaque jour à la table de ma Maman pendant deux mois. Une orgie. Rôtis, steaks, poulets, patates, salades composées, mayonnaise maison, pain, fromage, pâtes, légumes, tartes, gâteaux, glaces, …etc.
Sept kilos de bagages en plus. Qui correspondent eux aux folies dépensières que l’ennui nous a poussé à faire … Principalement du matériel de plongée. Ben y a pas de secret : nos sacs sont assez peu portables a présent et après deux longues journées de voyages, nos dos sont a l’agonie. C’est le métier qui re-rentre (en force).
Voila pour le résumé. Court certes mais je pense bien revenir sur chacun de ces aspects et sur ceux non-sus-mentionnés dans d’autres bulles.
Nous en venons donc à la question qui vous taraude depuis le début de cette bulle : mais où sont-ils ???
Vous vous souvenez de la bulle qui décrivait notre périple retour des Perhentians vers Paris… long hein ? Rien à voir avec l’épreuve que nous avons surmontée pour arriver jusqu’ici.
Départ de Fontainebleau à 16h30, 35 minutes de train puis 35 de RER B vers Paris CDG, nous embarquons sur le vol Emirates Paris-Dubaï a 21h50. Trois heures à Dubaï, puis Dubaï-Singapour. Neuf heures à Singapour dans le Starbucks de l’aéroport. Puis Singapour-Kuala Lumpur. Trois heures à Kuala Lumpur. Puis Kuala Lumpur-Banda Aceh (Indonésie).
Il est 13h30 quand nous sortons de l’aéroport et respirons pour la première fois depuis 48h, de l’air non-climatisé, chaud, et très humide.
Nous prenons un taxi vers le centre ville pour y trouver une guesthouse d’appoint sans charme pour une nuit afin de régler deux trois derniers détails avant de partir vers l’île que nous avons choisi (au pif…).
Les derniers détails c’est en fait une seule chose : changer de l’argent. Nos euros qui hier rendaient nos voyages si peu chers sont aujourd’hui moisi par la crise économique et les cours proposés sont déprimants. C’est la vie… et nous n’avons pas le choix, il nous faut de l’argent local.
Nous tachons de profiter de cette nuit pour tenter de récupérer les deux nuits de sommeil dont le manque commence cruellement à se faire sentir.
Au final la nuit ne fut pas vraiment réparatrice mais suffisamment pour que nous ayons le courage de refaire nos sacs pour aller jusqu’au ferry qui nous amènera … à … (suspense) … Pulau Wé.
L’île est plutôt très sauvage. Grande, montagneuse et doté de peu de plages. Le confort des rares bungalows est extrêmement sommaire. Et il faut bien l’avouer : la première impression n’est pas excellente. Mais au contraire des Perhentians, nous n’envisageons pas de rester ici très longtemps donc le confort est accessoire.
Notre plan est de faire ce qu’il y a de mieux a faire ici (snorkeling dans un « jardin de corail » …, plongée sur les « murs » sous-marins,…etc.) puis de repartir vers d’autres horizons plus idylliques.
La terrasse sur laquelle je souffle cette bulle fait face à la mer. Là il fait nuit mais de jour la vue est très sympa. Et orientée plein Est, ce qui me poussera à tenter l’effort de me lever pour contempler le lever du soleil demain matin.
Il est temps pour moi d’aller dormir… je ne vous promets pas de bulle quotidienne (j’ai rompus cette promesse il y a deux mois déjà…) mais je promets en revanche d’en écrire le plus souvent possible. Quand à les envoyer c’est une autre histoire : pas la moindre trace d’un réseau wifi dans le coin.
A bientôt.
lundi 12 juillet 2010
Presque une semaine s’est écoulée depuis notre arrivée en Indonésie et nous sommes toujours sur cette même île : Pulau Wé.
On pourrait alors s’imaginer que nous avons découvert un petit paradis que nous n’arrivons pas à quitter… Il n’en est rien.
La vérité est bien moins glamour et excitante mais (pas de chance pour vous) sera l’objet de cette bulle !
Tout avait comme je l’ai dit dans la bulle précédente, plutôt pas excellemment commencé rapport au fait que l’ile ne nous enthousiasmait pas beaucoup.
Le lendemain de notre arrivée nous étions cependant pleins de joie à l’idée de tester notre nouvel attirail de plongée !
Le centre de plongée du minuscule village ou nous dormons est plutôt sympa, bien qu’absolument pas « pro » ! Heureusement nous savons prendre soin de nous même. Et donc avant de nous engager dans une plongée profonde et incertaine nous avons demandé une bouteille chacun pour aller devant la plage et nous assurer que rien ne nous trahirait dans des conditions plus périlleuses.
« Ok, no problem »
Et c’est sans aucune supervision ni aucune preuve de notre niveau qu’on nous a laissé partir avec deux bouteilles pendant une demi heure. Tout fonctionne à merveille !
Nous nous inscrivons donc pour la plongée du lendemain en étant complètement sereins.
Les nuits sont encore difficiles à cause du décalage horaire. Mais nous nous réveillons tout de même le lendemain tout excité à l’idée de plongée dans ce nouvel environnement !
Plongée du matin annulée à cause d’une tradition de deuil. Imparable. Mais à 14h, dans le respect de cette tradition, le bateau peut a nouveau naviguer. Nous partons plonger !
Du bleu, des poissons, du corail, des nouveaux poissons, des moyens, des petits et des bizarres, pleins de poissons quoi !
Cool.
La soirée qui suit marque le début d’un enfer sanitaire qui dure depuis…
Vomissement et diarrhée sont aussi réguliers que les métros parisiens mais les toilettes aussi peu accessibles que la basilique de Montmartre un dimanche après midi. Rien de très réjouissant en somme…
Dans le même temps Charlotte a attrapé un rhume qui lui interdit toute descente aux abysses.
Bref… vous l’aurez compris : notre stock de papier toilettes diminue a vue d’œil, employé tour a tour comme mouchoir et comme … bah comme PQ.
C’est par conséquent un peu contraint et forcé que nous restons sur cette île qui nous a si mal accueillis. Nous sommes parfaitement incapables de reprendre la route dans cet état de délabrement avancé.
Ce matin nous nous reveillons après notre première vraie nuit de sommeil ininterrompue… Mon ventre est toujours douloureux mais je me permets d’espérer être au moins en « voie de rétablissement ». Aucun espoir du coté de Charlotte en revanche qui n’est à présent qu’un nez qui coule en permanence tel un brie de Meaux au soleil… (Oui, le fromage me manque déjà !)
Néanmoins, nous décidons qu’a défaut de plonger nous pouvons (si nous trouvons la force… en l’occurrence sous la forme d’ibuprofène 400) aller nager au dessus des magnifiques champs de coraux qui encercle l’ilot d’en face. Pour cela il nous faut louer des palmes car même si nous avons dépensé des sommes folles en équipement de plongée il nous manque toujours les Palmes et le Gilet dont l’encombrement et le poids dépassent les limites du raisonnable pour des voyageurs « sacs à dos ». Il est évident que nous ne resterons pas raisonnables longtemps…
Nous louons donc des palmes et partons toute l’après midi visiter ce jardin sous marin dont les guides touristiques parlent tant.
Bon ben c’est beau. Pas besoin d’en parler pendant des heures : c’est beau.
Ce soir, l’appétit m’est revenu et c’est avec plaisir (et non appréhension comme les deux jours précédents) que j’ai vu arriver mon plat il y a à peine 30 secondes…
Je vous laisse, ça refroidit !
A bientôt.
vendredi 16 juillet 2010
Sans rythme imposé, difficile de tenir un quelconque rythme.
Voila bien quatre jours que je n’ai rien écrit et c’est a chaque fois plus difficile de reprendre la plume.
Mais je ne suis pas encore prêt à me réinvestir dans ces bulles comme j’ai pu le faire pendant les deux premiers mois de notre voyage.
Pour le moment je tache de profiter au mieux des premières semaines de cette nouvelle ballade et de vous en faire part « quand je peux et que j’arrive à me motiver ». C’est le cas aujourd’hui.
Nous avons fini par quitter Pulau Wé qui nous aura quand même tenus en otage pendant une semaine. Le rhume de Charlotte ne s’étant pas arrangé il nous était impossible de plonger (une sombre histoire d’égalisation de pression dans les voies aériennes hautes…). Du coup cette île sans plage ni salle de bain perdait beaucoup de son attrait…
Tant pis pour la plongée… nous aurons le temps et tout le loisir de plonger sur d’autres îles aux eaux turquoises.
Le nez toujours pris, Charlotte fut tout de même suffisamment en forme pour affronter les dix-neuf heures de transport en commun (oui c’est long et dur mais faut croire qu’on aime ça…) qui nous séparait de l’endroit où nous nous trouvons actuellement : Bukhit Lawang !
Rien que le nom fait rêver… Littéralement : « Les portes de la Jungle ». Beau, non ?
En gros nous sommes au milieu de Sumatra, dans une petite vallée, entourée de montagne et de volcans plus ou moins en activité…
Cet endroit nous a principalement attiré car il est l’un des derniers au monde où l’on peut encore observer les Orang-outang en liberté dans leur milieu naturel. Orang-outang ça veut dire Homme des forêts. Je vous invite très fortement à aller au Jardin des plantes (c’est soit ça soi Bornéo ou Sumatra…), qui accueille toute une famille de cette espèce, pour comprendre le sens de cette expression. Leurs mains et leurs yeux laissent rarement insensible.
Bref pour moi qui est souvent été au jardin des plantes, l’aventure que nous allons vivre demain s’annonce extrêmement excitante !
Nous partons en effet demain à l’aube pour un treck de deux jours dans la jungle à la rencontre de ces lointains cousins…
Je vous en dirais plus dans la prochaine bulle.
Ce qui est sûr c’est que jusqu’ici (nous sommes arrivés hier midi) ce village ne nous a en rien fait regretté les longues heures de bus où nous étions bercés par le doux son du Karaoké Indonésien poussé a fond…
Une grande rivière traverse le village de part en part. Tantôt rapide, tantôt plus calme et propice a la baignade, elle y apporte une douceur de vivre absolument délicieuse. Les femmes y font la lessive, les enfants y jouent, nous nous y baignons… Plus loin, des jardins soignés contrastent avec les bicoques qu’ils entourent. Les arbres sont en fleurs… et les gens sont adorables. Un petit paradis.
Ce matin nous sommes allés au marché pour voir sentir et découvrir toutes sortes de fruits, légumes, ou poissons que la terre et les rivières d’ici produisent.
Nous en sommes ressortis avec des fruits en pagailles que nous avons dévorés en guise de petit déjeuner … miam !
Vous l’aurez compris … il ne manque ici qu’une chose qui m’aurait sans doute fait rester à jamais : un récif sur lequel plonger !
Si je ne désespère pas de trouver un tel endroit, je profite avec délectation, pour aujourd’hui et les quelques jours à venir, de ce bout de jungle enchanteur…
A bientôt.
dimanche 18 juillet 2010
Perdu sur une piste peu fréquentée de la forêt Sumatraise, je me trouve a gamberger sur le sens de ma vie…
Je me dis que parfois quand on a comme Moi choisi de vivre en dehors des chemins conventionnels, il arrive qu’on se retrouve paumés (en l’occurrence au milieu de cette forêt magnifique).
Où suis-je ? Qu’est ce que je fous ici ? Où est-ce que j’espère aller ensuite ? Et comment diable suis-je arrivé là ?
J’ai alors des coups de déprime à me dire que j’ai bientôt trente an et toujours rien accompli, rien construit de tangible. Que ma vie est vide et que je ne fais rien pour arranger ça… en bref : la lose totale.
Et puis je me retourne sur mon passé et je tente de retracé ces routes alternatives qui m’ont amené au milieu de cette jungle.
Tour a tour étudiant à Paris puis mannequin en Chine, navigateur en Australie, ingénieur à la Défense, Régisseur photo, et pour finir écrivain-plongeur en Asie du Sud-est…
Je réalise que ma vie est faite d’anecdotes parfois complètement délirantes (comme d’avoir participé à une séance de photo nu pour une photographe allemande un peu folle…) et que ça me suffit pour l’instant. Cette somme d’anecdote me donne l’impression d’avoir vécu plusieurs vies, et c’est finalement sans angoisses mais avec une certaine curiosité que je me demande ce quel virage je vais bien pouvoir prendre la prochaine fois.
C’est sans doute à cause de cette profonde introspection que je n’ai pas du tout réalisé que cet orang-outan me fonçait dessus avec un air assez vindicatif…
Seuls les cris du groupe en fuite désordonnée me firent prendre conscience de l’urgence à réagir vite ! Elle n’est plus qu’à un mètre de moi (c’est très proche un mètre…).
Feinte de corps. Gauche. Droite. (Je remercie pour ça ma vie de Basketteur). Puis sprint tout droit dans une direction indéterminé.
Sauvé. Lasse, la bête est remontée dans les arbres, son bébé toujours cramponné sur son ventre.
Je suis sain et sauf et nous pouvons tranquillement reprendre notre treck.
La jungle est dense et profonde, et nous avançons en silence à l’écoute des cris des singes pour tenter de les débusquer. Nous les rencontrerons a plusieurs reprise… naviguant gracieusement de branche en branche, surfant sur la canopée, en osmose totale avec leur milieu naturel. Nous partageons 96,4% de nos gènes avec les Orang-outan… les voir ainsi, nous met face a un miroir peu avantageux. Mais ces moments sont magiques (… et parfois flippant –voir plus haut-).
La première longue journée de marche se termine sur le bord de la rivière, dans un camp de fortune qui nous offre à peine une protection contre la pluie du soir. Mais les guides s’avèrent être aussi d’excellents cuisiniers et c’est une bonne chose car nous mourrons de faim !
Jeux de cartes, tour de magie et histoire drôle… chacun y met du sien en cherchant dans ses souvenirs (parfois lointains…) de colonie de vacances, pour animer la soirée en buvant un bon thé chaud. Mais bien vite les corps demandent à dormir. Nous nous couchons a même le sol, mais la fatigue surmonte l’inconfort et bien vite tout le monde dort.
Le groupe se réveille en douceur, courbaturé de partout, pour découvrir que les guides nous ont préparé des crêpes a la banane et du thé pour bien commencer la journée. Parfait.
Chacun à son rythme, nous faisons une toilette sommaire dans la rivière, et nous préparons à renfiler nos fringues malodorantes et humides pour repartir crapahuter dans la jungle ! Que du bonheur !
Ce deuxième jour de « ballade » ne nous offrira pas de rencontre exceptionnelle, mais toujours des paysages fantastiques. Enfin et pour finir nous rejoignons la rivière pour une descente sportive en rafting que les guides ont construit avec des chambres a air spécialement pour l’occasion… !
A présent il ne nous reste plus qu’a faire sécher nos affaires, boire une bière et profiter de nouveau du calme qu’offre Bukhit Lawang…
A bientôt.
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)
Mmmm... Mon cher et tendre oublie de parler des quelques centaines de mètres de dénivelés dans la jungle qui m'on laisse de douloureux souvenir aux cuisses et des guibons et des maquaques et des dizaines d'orangs outans, de la nuit qui n'a été que succession de petits sommeils jusqu'à ce que le sol fasse trop mal et qu'il faille changer de cote, du guide qui avait un short en Jean découpe façon wmca....Bref une supere experience inoubliable!
RépondreSupprimerCette petite ville dans la jungle est un petit bijou! Ne manque plus qu'internet!
enfin des nouvelles et cette histoire d'orang outang m'a passionné apparemment tu t'es faite une amie :)
RépondreSupprimersinon chu sure que le fromage te manque quand même!!!!
heureuse de voir que vous continuez votre périple sous le soleil, j'attends vos prochaines aventures, j'espère avant que moi même je n'aille manger des suhsis au japon ;)
bisous à vous deux
Des nouvelles photos en ligne !
RépondreSupprimerAie aie aie ! J'aurai bien commencé ma bulle en vous insultant comme à mon habitude. Mais là déjà je suis content de savoir que vous êtes vivant et que vous donnez des nouvelles ! Donc maintenant que tu as commencé ta vie d'explorateur des forêts et que tu as monté le premier match d'exhibition de la MVWBA (Man VS Wild Basketball Association) qu'est ce que tu vas bien pouvoir faire !!!??
RépondreSupprimerBref, on vous embrasse bien fort, çà a l'air bien énorme là bas, kiffez bien et bonne recherche du lieu parfait alors ;)
Bises !
KICHON
super les tof wahooooo!
RépondreSupprimer